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Napoléon en avait planté pour que ses troupes disposent aussi d’ombre lors de leurs marches vers le front. Les arbres sur les bords des routes sont-ils à nouveau menacés ?

Les arbres qui jalonnent les routes du Grand sud et de France sont-ils des dangers mortels, un patrimoine national à protéger ou des outils de sécurité routière ? Les « audits de sécurité » demandés par le ministre de l’Intérieur ont relancé un débat déjà ouvert il y a 40 ans.

La 26e et dernière mesure du plan de sécurité routière présenté fin janvier par Bernard Cazeneuve -la demande aux collectivités locales de réaliser des « audits de sécurité » de leurs infrastructures routières, recensant notamment les obstacles latéraux (panneaux, parapets, arbres)- a réveillé des inquiétudes enfouies depuis une dizaine d’années. Aucune mention n’y est faite du mot « arbre » mais certains craignent déjà pour ces alignements typiques, que les Anglo-saxons ont baptisé « french style avenues ».

« On est sur le qui-vive. C’est un audit donc pour l’instant, il y a « présomption d’innocence ». On attend de voir ce qui en sera fait », explique Chantal Fauché, présidente de l’Association pour la protection des arbres en bord de routes (Asppar) qui avait mené une fronde en 2001 contre le ministre de l’Agriculture Jean Glavany, député des Hautes-Pyrénées, après qu’il eut affirmé que « les platanes le long des routes (étaient) un danger public ». « Certes, l’arbre est un facteur aggravant mais ce plan est fait pour s’attaquer aux causes des accidents. Les causes sont avant tout l’alcool, la vitesse, les comportements. L’abattage est un choix politique simpliste, souvent adopté parce qu’il permet aussi d’économiser des frais d’entretien », estime-t-elle. En 2013, 326 personnes ont trouvé la mort après avoir frappé un arbre, soit 10 % des tués sur la route. Alors que la mortalité routière a augmenté en 2014, les autorités étudient tous les facteurs possibles d’accidents.

« On est encore au stade de l’audit », tempère-t-on au ministère de l’Intérieur, en rappelant que les directives européennes imposent une préservation des paysages.

Cette perspective d’un audit a réveillé l’affrontement entre les tenants d’une « route qui pardonne » et ceux d’une « route qui apaise ».

Les premiers affirment qu’il faut supprimer les arbres, véritable danger pour l’automobiliste qui sort de la route. Les seconds estiment qu’une route dégagée endort la vigilance et incite inconsciemment à accélérer alors qu’une chaussée bordée d’arbres peut influencer positivement son comportement.

Ils s’appuient notamment sur une étude menée en 2006 par le Service d’études techniques des routes et autoroutes (Setra) qui affirme que les arbres permettent de mieux appréhender la route : ils rendent son tracé plus « lisible », constituent des repères de distance, leur défilement donne des références de vitesse et leur présence crée également un « effet de paroi » qui fait lever le pied. Pour Jean-Marc Sangouard, du centre d’études et d’expertise sur les risques, « il n’y a pas une solution unique pour tous les itinéraires ».

« Lorsqu’il y a conflit entre des objectifs de sécurité routière et de protection du paysage, la balance penchera du côté de la sécurité routière », estime-t-il. Mais la protection du paysage doit éviter qu’on adopte des solutions trop radicales. »
S.B.

NDLR : Pour ce qui est ces arbres heureusement que les troupes de Napoléon, n’ont plus besoin d’ombre ! Lors du chantier de la traversé de l’agglo, on a coupé des platanes dit dangereux qui n’étaient sous des lignes électriques et téléphoniques, or ceux qui restent le sont ! Alors la questions on les garde pour continuer à les tailler ?
F.B

Tag(s) : #Ariège, #Jardin, #Arbres, #Haute-Garonne, #Gouvernement
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