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Société

 

Ils sont toujours aussi nombreux à fréquenter les épiceries solidaires./Photo archives DDM

Ils sont toujours aussi nombreux à fréquenter les épiceries solidaires./Photo archives DDM

Le Secours catholique a remis son rapport statistique annuel. Une population vieillissante et une plus grande part de migrants dessinent le visage de la pauvreté en France.

16 000 Démunis>. Le nombre de personnes aidées par plus de 600 bénévoles sur la Haute-Garonne.

Ils étaient nombreux hier matin à venir prendre leur petit-déjeuner à l'Ostalada, en plein cœur d'Arnaud Bernard. Cet accueil de jour du Secours catholique est bondé tous les matins de la semaine. C'est ici que la délégation Ariège Haute-Garonne de l'association a choisi de remettre son rapport annuel.

Un rapport montrant un taux de pauvreté de 12% en Haute-Garonne et un nombre croissant de familles et de familles monoparentales en situation de précarité. La pauvreté se fait surtout ressentir dans le milieu rural où ce taux grimpe à 19%. Certaines communes du sud du département connaissent même un taux de pauvreté supérieur à 24%. Une paupérisation qui s'explique surtout par la forte présence d'agriculteurs et de retraités aux revenus faibles. Des situations précaires accentuées par l'isolement. «Il y a une désertification médicale des zones rurales et une forte fracture numérique. La CAF nécessite parfois une connexion internet et beaucoup, en milieu rural, n'y ont pas accès où ne savent pas s'en servir», explique Marc Beauvais le président de la délégation Ariège Garonne.

Le dénuement s'invite aussi dans le Toulouse intra-muros où grande pauvreté et richesses cohabitent. «Il y a des squats énormes à Toulouse avec parfois plus de 100 familles»poursuit Marc Beauvais.

Besoin d'écoute

La première demande que reçoit le Secours catholique est une demande d'écoute et de conseil, devant celles de l'alimentation ou de l'aide financière. Une notion d'accompagnement primordiale qui offre notamment une aide administrative et un soutien moral, parfois vital. Radhia, une bénéficiaire du Secours catholique de 33 ans, élève seule ses trois enfants. Elle raconte son parcours chaotique et ses 9 mois passés dans 20 m2. «Je n'aurais pas pu parler de ces problèmes avec ma fille de 12 ans, sans l'écoute que m'a offerte le Secours catholique j'aurais peut-être baissé les bras. Ça fait du bien d'être écoutée.»

Un autre constat particulièrement marquant cette année; la part des étrangers accueillis a continué de croître; ils étaient 31% en 2015 contre 24% en 2014. La tendance s'est accélérée depuis le mois d'octobre avec le démantèlement de la jungle de Calais, auquel le Secours catholique a tenté de répondre comme il le pouvait. «Le démantèlement est une décision politique qui a été prise sans consultation des associations pourtant présentes sur le terrain. Nous avons été informés la veille de l'arrivée d'un bus de migrants à Cazères!», regrette Marc Beauvais.

Ce dernier a du mal à croire que l'année à venir puisse connaître une évolution positive. Il ne sait que trop bien qu'en période électorale tout le monde est à l'écoute. «Mais que va-t-il se passer dans six mois?»

 

Dépêche du Midi

Mes commentaires:

Je ne peux que confirmer cette accentuation de la pauvreté en milieu rural et chez nous dans le Comminges.

Internet c'est bien! quand on est jeune et/ou que l'on a du fric.

J'ai passé 6 mois à faire des allers-retours parfois tri-hebdomadaires entre Salies et Saint-Gaudens pour aider une famille sans véhicule, sans internet et sans moyens financiers. Le parcours était le même à chaque fois: CAF, Sécurité Sociale, Pôle Emploi.

Salies du Salat est à 27 kms de Saint-Gaudens par la route. Comment fait-on pour aller à Saint-Gaudens? aux bonnes heures d'ouverture des administrations? on est soumis au bon vouloir des voisins, des amis... mais pendant combien de temps?... les bonnes volontés isolées s'épuisent... ça peut se comprendre.

Toutes les démarches administratives qui, il y a quelques dizaines d'années en arrière, pouvaient être faites par courrier ou sur place car des conseillers se déplaçaient au moins dans les chefs lieu de canton, ne sont quasi plus possible. Il faut se connecter à Internet.. donc avoir un ordi... savoir s'en servir ... et savoir se sortir des menus innombrables, des dossiers en PDF qui une fois sur deux ne sont pas remplissables en ligne, qu'il faut donc imprimer... pour pouvoir les ramener à l'administration concernée une fois remplis, car ils doivent être signés, sur le papier... jusqu'à ce qu'on vienne nous obliger à télécharger (en payant il me semble?) la signature électronique.. et j'oubliais les connexions internet... quand on est en ville, on croit que tout le monde a le Haut Débit sans problèmes! et vous qu'en pensez-vous? au moment ou je vous écris dans mon village j'ai 54Mbits/sec... sur Salies, lorsque plus de 2 ordi sont branchés au bureau, c'est terminé plus rien... alors on va continuer à dire que tout le monde est égal devant les administrations, ou qu'on est tous logé à la même enseigne?

Alors c'est vrai, du coup beaucoup de personnes préfèrent laisser tomber les démarches de RSA, de retraites, de remboursements médicaux et même carrément les soins... si, si je ne raconte pas de conneries. Il faut le vivre au quotidien pour savoir que ça existe.

Des solutions? mais bien sûr qu'il y a des solutions. Entre gens de bonne volonté il y a toujours des solutions.

Dans nos petits villages - je parle pour le Comminges - genre canton de Salies, ou la plus grande ville est Salies (2 000 habitants), ne me dites pas que tout le monde ne connait pas tout le monde. Les élus savent très bien qui parmi les administrés sont ceux qui sont en situation difficile, précaire et pas uniquement grâce aux Restos du Coeur car beaucoup ne veulent pas s'y rendre.

Il y a un service qui s'appelle le CCAS (Centre Communal d'Action Sociale) . Il y en a dans toutes les communes. Avec un budget annexe. Ce service est fait pour les plus démunis. Ne peut'on retirer une partie de cet argent pour aider au financement des transports vers au moins Saint-Gaudens? Genre, faire appel aux services des compagnies de taxi locales ou de bus et prendre un accord disant, exemple, "tous les mardis et jeudis départ de Salies à tel heure avec arrêt sur le canton à tel et tel endroit et on vous emmène à St Gaudens dans les services administratifs." On donne aux gens un petit papier à faire tamponner par les administrations pour prouver qu'effectivement ils y sont allés pour des démarches administratives et non pour la balade, et voilà..."

Financièrement , si dans un taxi on met 4 personnes ou dans un mini-bus 8, ne me dites pas que le coût va grever le budget du CCAS ou des CCAS à l'échelle d'un canton. Je suis tout à fait disposée à laisser ma part du coût du repas des Anciens , payée par les CCAS, pour financer ce projet! et après rappelez-vous toujours ce que je vous dis, l'argent du CCAS, comme celui des Mairies, Communauté de communes, Département, Région, Etat... ce sont nos impôts qui sont redistribués ... ou pas ! il ne s'agit pas de lever un nouvel impôt! l'argent est là, parfois thésaurisé, on ne sait pas trop dans quel but?

Si ceux qui ont un peu plus de fric que les autres et si les CCAS mettaient un peu du leur, peut-être que l'on pourrait rendre la vie un peu plus agréable à tous nos concitoyens.

Si je marque tout ça, c'est que ce n'est pas une vue de l'esprit.

Encore une fois 25 ans de présidence de l'APEAI peuvent attester que nous avons mené auprès des enfants, des jeunes et des familles des actions autrement plus compliquées que ce que je propose. Si on l'a fait tout le monde peut le faire. C'est juste qu'il faut tourner son regard vers l'extérieur et non pas vers son nombril.

Zoé

Tag(s) : #Haute-Garonne, #Je suis Charlie, #Société
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