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« Les assistés : comment ils ruinent la France » ... ah oui? tiens donc....

Parce que j'en ai marre d'entendre toutes ces conneries sur les assistés, les migrants, les pauvres, etc... j'ajoute cette lettre de la présidente d'ATD Quart Monde. Mais bien sûr, tous ceux qui refont le monde au comptoir des bistrots, sur les places des marchés ou devant la télé en criant "salauds de pauvres!" vont ils lire cela?

Pourtant c'est tout le fond de commerce d'un parti qui se réjouit de la victoire américaine.

Je mets quelques réflexions d'ATD Quart Monde...

"Vous écrivez que « le RSA est l’aide sociale la plus fraudée (70 % des cas) ». La fraude au RSA concerne en réalité moins de 1% des allocataires et s’élève à moins de 40 euros par foyer et par an, pour un total de 100 millions d’euros en 2014. La fraude fiscale atteint 3,18 milliards d’euros.

L’évidence pour certains est de « combattre la pauvreté » alors que combattre la richesse devenue « obscène », me semble plus pertinent ! ... Le RSA, par exemple, est perçu socialement comme un avantage alors que peu de personnes osent s’interroger sur les capitaux gigantesques que brassent les entreprises du CAC 40. Il faut juste savoir que, même au moyen âge, les différences de richesses entre personnes aisées et pauvres n’étaient pas aussi grandes qu’aujourd’hui. Il est curieux que cette question n’ouvre pas les titres du journal de TF1. "

Jouant les Cassandre, je pense que nous vivons avec l'ère Hollande les derniers mois d'une vraie démocratie. Une grande majorité de français, gavés des télé-réalités journalistiques, ont jeté au chien ce président élu majoritairement il y a 4 ans. Ils s'apprêtent à passer à des extrêmes expliquant que la corne d'abondance va être ouverte et profiter aux plus démunis... mais bien sûr voyons... c'est bien connu que les richissimes à la tête de ce parti vont ouvrir grands leurs comptes en banque pour aider les plus démunis....

On fera le point dans un ou deux ans... rendez-vous au comptoir de mon bistrot préféré... on comptera les sous que vous avez en poche, et on verra bien si votre pactole aura augmenté....

 

Lettre ouverte de la présidente d’ATD Quart Monde au directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles

 

Suite au dossier de Valeurs actuelles intitulé « Les assistés : comment ils ruinent la France », paru le 29 août 2016, ATD Quart Monde a envoyé une lettre ouverte au directeur de la rédaction du magazine afin de corriger les préjugés.

Montreuil, le 1er septembre 2016

M. Yves de Kerdrel
Directeur de la rédaction – Valeurs actuelles
24, rue Georges Bizet, 75116, Paris

Monsieur le directeur de la rédaction,

Je découvre avec consternation les articles que vous venez de publier sur papier et sur Internet, intitulés « Profession: assisté! » et « Voyage au pays des 1 001 allocs ». Les propos tenus sont presque tous erronés. Ils alimentent des discours anciens et trompeurs sur les personnes confrontées à la pauvreté.

Votre comparatif SMIC-RSA qui veut montrer que « les bénéficiaires de prestations sociales sont souvent bien mieux traités que ceux qui travaillent chaque jour » est faux. C’est le contraire qui est vrai : une famille qui travaille perçoit au moins 500 euros mensuels de plus qu’une famille sans emploi.

Vous écrivez que la CMU-C est « fréquemment piratée ». Savez-vous que la fraude à la CMU-C s’élève à 700 000 euros par an selon le Fonds CMU, pour environ 5 millions de bénéficiaires ? Cela équivaut à une fraude annuelle moyenne de 14 centimes par bénéficiaire. Vous parlez de fraude « massive »…

Vous écrivez que « le RSA est l’aide sociale la plus fraudée (70 % des cas) ». La fraude au RSA concerne en réalité moins de 1% des allocataires et s’élève à moins de 40 euros par foyer et par an, pour un total de 100 millions d’euros en 2014. La fraude fiscale atteint 3,18 milliards d’euros.

Des allégations telles que « la France est devenue la patrie mondiale de l’assistanat », « les prestations sociales encouragent à gagner plus en travaillant moins », « la France, championne du monde de la création d’impôts et de taxes », « les bénéficiaires ont des droits mais aucun devoir », « un assisté peut dissimuler un fraudeur », « une telle générosité attire les plus démunis de la planète », « les demandeurs d’asile sont choyés » et « des étrangers qui n’ont jamais travaillé en France touchent des retraites plus élevées que des millions de petits retraités » sont des discours erronés que nous décortiquons en détail, aux côtés de 109 autres, dans notre livre En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, dont je me permettrai de vous adresser la troisième édition à la fin de ce mois.

La question est de savoir si les pauvres sont victimes ou coupables de leur situation ? La réalité est qu’ils sont doublement victimes : ils sont confrontés à une vie très difficile et en plus ils sont jugés par les autres. Les propos que vous tenez aggravent leur exclusion.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le directeur de la rédaction, mes meilleures salutations.

Claire Hédon, présidente

Et dans la Dépêche d'aujourd'hui je vous conseille la lecture de cet article et surtout de leurs commentaires.... qui m'ont un peu énervés...!

Précarité : Ils se nourrissent des restes des marchés et des poubelles

Société

 

Un spectacle devenu désormais habituel en fin de marché./DDM, Michel Viala

Un spectacle devenu désormais habituel en fin de marché./DDM, Michel Viala

13 heures au marché Cristal sur les boulevards à Toulouse. Une fin de marché qui progressivement va attirer un public en quête de quelques fruits et légumes laissés sur le trottoir par les exposants. Si le rituel est le même depuis des années, il s'amplifie. Ce jour-là, on croise Nicole*, la quarantaine. En habituée, elle a repéré quelques beaux légumes (choux, poireaux, tomates) qu'elle s'empresse de ranger dans son sac. «Au chômage depuis plusieurs mois, je viens ici deux, trois, fois par semaine pour apporter à mes enfants un complément. Je ne m'en sortirais pas, sinon». Près d'elle, certains reculent, par crainte de l'interview, «c'est humiliant de ramasser à terre, avoue un jeune mais comment faire autrement ? J'ai un budget de 200 €/mois, ma mère paye mon loyer. En venant ici, glaner fruits et légumes, j'économise environ 20 €/semaine. Beaucoup d'étudiants sont dans mon cas».

Il est 19h30 en plein centre-ville. Sur les allées Jean-Jaurès, tels des fantômes, des personnes soulèvent les couvercles des containers à la recherche d'aliments encore comestibles. Un spectacle récurrent que l'on retrouve aussi aux abords des enseignes alimentaires (Casino, Monoprix, Intermarché) et parfois des restaurants. Il faut faire vite avant l'arrivée des éboueurs. Les gestes sont précis, les mains expertes. Henri a 50 ans. Rmiste, cet ancien du bâtiment, connaît tous les trucs. «Le lundi c'est le bon jour. On peut trouver des sandwiches, des packs de yaourt. De vrais «trésors». Près de lui, Rémi, chômeur, ose : «Les gens ne nous voient pas. On fait partie du paysage urbain». Dans ce groupe, Boris, étudiant écossais, milite contre le gaspillage : «En faisant les poubelles, je résiste à la société de consommation. Les gens gaspillent. il y a même des tartes entières dans leur carton».

Présidente départementale des Restos du Cœur, Mireille Decroix, confirme cette tendance : «La campagne d'hiver qui démarre le 22 novembre risque d'être plus importante cette année. Les camions de distribution qui depuis le 3 octobre ont repris le service, voient arriver de plus en plus de monde. Et pas que des SDF. Mais des jeunes en contrat précaire, des seniors aux retraites trop basses. Et depuis quelque temps, des migrants. On sait aussi que certains «font» les poubelles le soir. Un repas par jour ne suffit pas, surtout en hiver».

*Les prénoms ont été modifiés

Silvana Grasso

Tag(s) : #société, #Je suis Charlie, #Elections, #Gouvernement
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