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Marsoulas - «J'avais 11 ans ce 10 juin 1944»

, Geneviève Saint-Germes, rescapée de la tragédie du 10 juin 1944, assistait aux commémorations du massacre/Photo DDMGeneviève Saint-Germes, rescapée de la tragédie du 10 juin 1944, assistait aux commémorations du massacre/Photo DDM
 

Couverture

«J'avais 11 ans le 10 juin 1944». Geneviève Saint-Germes témoigne : «J'étais à l'école primaire de Marsoulas, car à cette époque-là, on allait à l'école jusqu'au certificat d'études. J'habitais au café, il y avait toujours un peu de monde qui s'arrêtait le matin boire le café avant de partir travailler. On faisait des croustades. Ce matin-là, il y avait ma mamy, le papy, ma maman et aussi ma sœur Renée. Ce n'était pas l'heure de l'école, les enfants étaient encore chez eux.

J'étais au café, on s'est échappé, on est allé dans les bois du Barail, en bas. Il n'y avait que la grand-mère qui était restée car elle avait eu une bronchite. Elle nous a raconté que la grand-mère à Dedieu est venue la voir en pleurant : Venez vite, ils sont tous morts, on les a tous tués ! Il y avait encore les camions qui partaient sur Betchat. C'était dangereux ce qu'elle faisait, car les Allemands ne se sont pas arrêtés à la place. Ils ont tué le pauvre M. Barthet, sur la route de Betchat. Betchat était visé. Cela aurait pu être aussi Cassagne en premier, car ils avaient déposé une bombe sur la place du village. Mais il avait plu et elle n'a pas explosé…»

«La mitrailleuse était devant l'école»

Le café des parents de Geneviève était aux abords de la place, comme l'école où étaient les soldats de la division SS. «La mitrailleuse était devant l'école, sur la place, se souvient Geneviève. Ensuite, nous sommes allés voir les corps, les enfants aussi bien sûr. On était parents avec les Cazenave qui ont perdu beaucoup de membres de leur famille. Et puis l'école a repris…»

Geneviève Saint-Germes garde cette tragédie gravée dans sa mémoire : «Rien que d'en parler, ça fait revivre tout ça une seconde fois, c'est trop dur. Je suis toujours venue aux commémorations. J'ai habité Marsoulas jusqu'à 25 ans et ensuite je me suis mariée et je suis partie»

En ce samedi de commémoration du massacre des 27 habitants de Marsoulas, Geneviève est là avec ses enfants. D'autres enfants, ceux de l'école, sont venus égrener les noms gravés dans la pierre, des noms ponctués de ces quelques mots : «Morts pour la France».

Tag(s) : #La Resistance et les Villes Médaillées, #Canton de Salies, #Comminges, #Guerres, #Je suis Charlie
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