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Salies du Salat - Jean-Pierre Courvil président de la FNACA Cantonale est décédé
Salies du Salat - Jean-Pierre Courvil président de la FNACA Cantonale est décédé
Salies du Salat - Jean-Pierre Courvil président de la FNACA Cantonale est décédé

"je ne serais pas à la commémoration du 19 mars cette année, je rentre à l’hôpital cet après-midi." C'était dimanche matin ou lundi matin, à la terrasse du PMU. Je ne me souviens plus exactement du jour car à la terrasse du PMU, Jean-Pierre Courvil y était tous les matins, avec ses amis, buvant le verre ou le café de l'amitié et parcourant la Dépêche.

Et ce matin dans cette même Dépêche, je suis là à lire l'annonce de son décès.

Il y a parfois malheureusement des morts programmées, suite à de longues maladies incurables, mais Jean-Pierre Courvil n'était pas parti pour mourir. J'ai encore sous les yeux sa lettre me disant d'annoncer les cérémonies de cette signature des accords d'Evian et , coïncidence funeste, le repas annuel du comité cantonal de la Fnaca qui devait avoir lieu ce soir.

Au lieu de ça , on est là à annoncer ses obsèques , mardi 27 mars à l'église de Mane à 10h30. Pour un ultime hommage, Jean-Pierre repose à la chambre funéraire Bonzom à Salies du Salat rue du Stade.

A sa famille, amis et compagnons de la FNACA j'adresse mes condoléances et bien sûr la manifestation de toute ma sympathie.

 

Jean-Pierre Courvil, fidèle à chaque hommage rendu aux Morts de toutes les guerres./  DDM ZG
Jean-Pierre Courvil, fidèle à chaque hommage rendu aux Morts de toutes les guerres./ DDM ZG

Le 30 septembre prochain, à 11 heures, se déroulera, devant le collège des 3 Vallées, l'inauguration de la place du 19 mars 1962, suite à une demande faite par la FNACA et approuvée par la mairie.

Jean-Pierre Courvil, président du comité cantonal de la FNACA répond à nos questions.

Pourquoi la date du 19 mars est-elle particulière ?

Le 19 mars c'est le jour de la promulgation des accords d'Evian, c'est le cessez-le-feu. On ne parlait pas à cette époque de guerre, mais de conflit. C'était la «Guerre Sans Nom», comme l'a décrit Bernard Tavernier dans son film en 1991.

Vous êtes un ancien combattant ?

Oui, bien sûr, j'ai passé 28 mois là-bas. J'ai été appelé directement en Algérie, je suis parti de métropole en civil. Je suis parti en mai 1956 et je suis revenu en 1958. J'ai fait mes classes au camp de Beni Messous à côté d'Alger, j'avais été détaché comme chauffeur de poids lourd dans une unité d'infanterie à Bouira et on est resté là dans ce régiment qui avait été reformé pour les évènements d'Algérie. On a fini dans le secteur d'Aumal, à 35 kms du village au milieu des bois. Et ce qui est sûr, c'est qu'en 28 mois de service militaire je n'ai jamais mis les pieds dans une caserne, on était toujours à bivouaquer ou en opérations.

Vous étiez au cœur du conflit ?

Oui. Personnellement j'ai été blessé, le lendemain de mes 22 ans. En tant que chauffeur je me suis retrouvé dans trois embuscades sur la route en 3 semaines. À la dernière, on était trente hommes et onze y sont restés. À l'époque quand on est parti de la métropole on était en maintien de l'ordre, on assistait les gendarmes à chaque opération. Ils représentaient la loi et l'ordre public. Ensuite ça a été la pacification. Ce n'était pas la guerre, on était dans un département français. On parlait de conflit.

Quand vous êtes parti, le conflit n'était pas fini ?

Non, je suis parti en 58 et le conflit continuait. Ils nous ont gâché toute notre vie, toute notre jeunesse. Ils auraient pu faire beaucoup mieux à l'époque : leur donner l'indépendance, ça aurait évité bien des problèmes, que ce soit pour les rapatriés, les harkis, les appelés, les populations. Ça a été un gâchis monstre.»

Tag(s) : #Comminges, #Canton de Salies, #Guerres

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