Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

,

La Santé près de chez vous - Les hôpitaux au bord de la crise

Le manque de spécialistes en Ariège touche les hôpitaux qui peinent parfois à recruter./ Photo DDM, archives, Florent Raoul.
Le manque de spécialistes en Ariège touche les hôpitaux qui peinent parfois à recruter./ Photo DDM, archives, Florent Raoul.

En Ariège, le nombre de médecins spécialistes est en déclin. Un problème qui se répercute aussi sur les praticiens hospitaliers. Le directeur du Chiva, Jean-Marc Viguier, tire la sonnette d'alarme.

Le directeur du centre hospitalier des vallées de l'Ariège (Chiva) Jean-Marc Viguier ne mâche pas ses mots concernant le manque de médecins spécialistes en Ariège. «En dehors des hôpitaux, il n'y a qu'un neurologue dans le département, un seul dermatologue, un pédiatre, un diabétologue… On frôle la catastrophe sanitaire», assène-t-il. Son constat est d'autant plus amer que la situation n'est pas meilleure dans les structures hospitalières. Au Chiva, les deux neurologues sont sur le départ. «En cinq ans, on a vu défiler six neurologues», ajoute Christine Estay, directrice des affaires médicales de l'établissement.

L'hôpital de Saint-Jean-de-Verges recherche également des gériatres et des internistes, mais «le marché est sec, même au niveau national», affirme la directrice des affaires médicales. Au centre hospitalier Ariège Couserans (Chac), des postes d'anesthésistes et de psychiatres pour adultes et enfants attendent d'être pourvus.

Les hôpitaux du département se démènent pour recruter des spécialistes (voir encadré), «mais nous avons beaucoup d'échecs», avoue M. Viguier. Le directeur du Chiva impute les démissions des neurologues à la surcharge de travail, étant donné qu'ils sont les seuls à officier sur le département, mis à part un confrère basé à Pamiers.

«Les spécialistes préfèrent travailler dans une structure avec une masse critique de confrères», analyse Christine Estay. Dans le cas des neurologues, le Chiva vise trois postes, «mais nous n'avons jamais atteint durablement ce chiffre».

Un département trop rural

Le problème réside moins dans les structures hospitalières que dans le département, trop rural et mal desservi par les transports en commun, ce qui rebute plus d'un candidat. «Il y a une barrière culturelle, estime Christine Estay. Les jeunes médecins ont fait leurs études dans des grandes villes» et sont habitués à un rythme de vie citadin. «J'ai raté le recrutement d'une gériatre parce qu'elle constatait que les horaires de train n'étaient pas assez fiables», raconte la directrice des affaires médicales. Une autre spécialiste s'en est allée car son conjoint ne trouvait pas d'emploi. Malgré ces freins, Christine Estay se plaît à espérer : «Les jeunes pourraient venir ici quelques années, histoire de se faire la main, avant de repartir.». Manifestement, c'est beaucoup demander.


Les stratégies pour recruter

Les hôpitaux cherchent désespérément à embaucher de nouveaux spécialistes. «On fait comme on peut», lâche le directeur d'hôpital. Les stratégies sont diverses. Le CHIVA essaie d'attirer les médecins étrangers ou les couples de médecins. Pour cela, l'hôpital publie des annonces sur les sites spécialisés, «en français, mais aussi sur des sites étrangers», précise Christine Estay, directrice des affaires médicales du CHIVA.

D'autres avantages sont proposés comme la prime d'engagement ou encore la mise à disposition d'un logement gratuitement pendant six mois puis l'aide à la recherche d'un logement définitif.


Le chiffre : 48

Spécialistes libéraux > inscrits au conseil de l'ordre des médecins au 1er janvier 2018 en Ariège. Ce nombre n'a fait que chuter depuis le 1er janvier 2014, date à laquelle ils étaient 65. Les spécialistes hospitaliers, eux, ont atteint un pic en 2013 avec 92 médecins. Aujourd'hui, ils sont redescendus à 77. Enfin, le département compte aussi 10 spécialistes salariés.

Tag(s) : #Ariège, #Santé, #Pyrénées

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :