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Montespan - Centenaire 14-18 récit de Roselyne Artigues
Montespan - Centenaire 14-18 récit de Roselyne Artigues

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Au fil des commémorations et des récits soit d’historiens, soit de personnes ayant collecté des témoignages auprès des familles, soit de jeunes qui se replongent passionnément dans le pourquoi de cette guerre, on s’aperçoit que, comme le rappelle Roselyne Artigues , beaucoup de batailles, de combats, d’erreurs de commandements ayant conduits à des tueries sont passés « inaperçus » dans les livres d’Histoire.

Ainsi à Montespan, lors de l’inauguration des expositions sur la Grande Guerre par le maire Marie-Christine Llorens, accompagnée de Patrice Rivals et Roselyne Artigues, conseillers départementaux et de la population montespanaise, chacun des intervenants a donné son point de vue sur la guerre.

Pour Roselyne Artigues, pas de discours mais des faits relatés devant une assistance silencieuse et attentive : « la commémoration de ce centenaire de l’Armistice m’en rappelle un autre. C’est celle de la commémoration du début de la Guerre de 14-18. Il y a 4 ans avec « Mémoires d’Arbas » nous sommes partis en Belgique à la forêt de Luchy. La forêt de Luchy dans les livres d’histoire elle passe inaperçu. C’était le tout début de la guerre et les commingeois qui étaient partis en train avaient mis 3 ou 4 jours pour y arriver et ils partaient se poster. Ils n’étaient pas prêts à se battre, alors que les Allemands eux étaient déjà postés. Et cette forêt de Luchy elle me rappelait celle de Figarol. Avec la forêt d’un côté, la plaine découverte et plus loin le village. Les Allemands étaient postés au village et les attendaient.

Ça a été une bataille sanglante, avec au moins 1400 morts ce jour-là. J’ai discuté avec un monsieur dont le grand père avait participé à enterrer tous ces morts. Ils avaient fait des trous et les avaient enterrés par dizaines dans chaque tombe, juste différenciant les français des allemands. Après la guerre ils ont refait ces cimetières et ceux qui avaient leur plaque ont pu être identifiés, les autres non. Quand vous allez dans ces cimetières ce qui vous frappe c’est que vous retrouvez tous les noms d’ici, il y a les mêmes noms que dans les cimetières de nos villages. »

Au début de la guerre tous les conscrits d’un même village partaient ensemble et au même endroit et donc s’ils mourraient, c’était tout un village qui était anéanti. Ensuite la répartition sera modifiée.

« A Saint-Martin dans mon village, il y avait peut être 100 habitants et parmi eux deux étaient partis à la guerre au même combat. L’un était le grand père de Guylaine Darmani et l’autre le grand-oncle de Jean Luc Sarradet. L’un, le premier a été fait prisonnier et le second a été tué. Sa famille avait fait des recherches mais personne n’avait pu savoir ce qu’il était devenu. Grâce à une carte postale adressée par le grand-père a son ami pour savoir où il était, Denis Cucuron, qui travaille beaucoup avec Mémoires d’Arbas, avait réussi à nouer des liens avec ses villages de Belgique et une personne a réussi à retrouver sa tombe dans un cimetière.

Nous, nous savions que nous allions aller sur la tombe de ce jeune de 22-23 ans. On avait dit on va faire une petite cérémonie, car ce qui était poignant c’était de savoir qu’il était décédé il y a 100 ans mais que personne n’avait pu aller sur sa tombe puisque personne ne savait où elle était. Donc avant de partir j’étais allé chercher de la terre de son jardin pour l’apporter sur sa tombe et nous avons pris aussi un peu de terre de là-bas pour la déposer au pied du monument aux Morts de Saint-Martin. Nous étions une vingtaine et l’émotion nous a envahie. Savoir que nous étions les premiers à venir se recueillir sur la tombe de ce jeune qui n’avait rien demandé et qui avait été tué, même sans combattre, au début de la guerre, nous bouleversait.»

Article paru dans la Gazette du Comminges du 14.11.2018

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