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  • Le long défilé, ouvert par les 49 porte-drapeaux dans les rues de la commune. / DDM.ZG Le maire Alexandre Ader, lors du dépôt de gerbe. À Marsoulas, c'est la jeune génération qui entretient le devoir de mémoire. / Photos DDM, Zoé Gauthier.

Le long défilé, ouvert par les 49 porte-drapeaux dans les rues de la commune. / DDM.ZG Le maire Alexandre Ader, lors du dépôt de gerbe. À Marsoulas, c'est la jeune génération qui entretient le devoir de mémoire. / Photos DDM, Zoé Gauthier.

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l'essentiel Marsoulas commémorait hier le massacre de 27 de ses habitants il y a 75 ans, le 10 juin 1944 par une colonne allemande de la division Das Reich. Une douloureuse plongée dans un passé dramatique, pour construire l'avenir sur des bases de Paix.

«Qu'est-ce qui conduit l'homme à ce type de comportement, à ce massacre» se demande la sous-préfète Marie-Paule Demiguel. Comme tous les participants à la cérémonie marsoulasienne hier, la représentante de l'Etat déplore les événements, tout en soulignant l'importance de la mémoire et de la cérémonie commémorative, ce «rite qui unit pour se souvenir», contre «l'indifférence» qui pourrait conduire à l'oubli.

Plus qu'ailleurs, Marsoulas est une référence de ces rassemblements, de cette «unité». Car ici, outre les habitants de Marsoulas et des villages voisins, outre les élus locaux et les citoyens, outre les militaires du 3e régiment matériel de Muret et les porte-drapeaux (une cinquantaine), ce sont les enfants qui ont en charge la mémoire, et la cérémonie, sous la houlette de Jean-Pierre Blanc, maire honoraire de Marsoulas en charge du souvenir et délégué MP des médaillés de la Résistance.

 

 

Sans doute y sont-ils beaucoup dans l'émotion suscitée par cette commémoration hors du commun. Ils défilent avec leurs aînés, ils chantent la Marseillaise et la Paix, ils font même «revivre les défunts quelques instants» notera la sous-préfète en évoquant «l'appel des morts» conduit par les enfants. Les noms, prénoms et âges des 27 victimes du 10 juin 1944 sont scandés, et ponctués d'un «mort pour la France» de l'assemblée. Puis les enfants concluent d'un poignant «n'oubliez jamais».

Les Marsoulasiens n'oublient pas. Le maire Alexandre Ader disait son bonheur de faire partie d'une génération qui n'a jamais connu la guerre, mais il rejoint Jean Baby lorsque le président de l'ANACR dit son attachement à la mémoire, qu'il veut «conserver, transmettre et utiliser pour rester vigilant face aux menaces que représente l'extrême droite».

Marsoulas est un trop petit village pour un si gigantesque massacre, son monument est trop petit pour une si grande cérémonie. Mais ses enfants sont assez grands pour entretenir son vaste travail de mémoire.


Une fresque empreinte de mémoire et porteuse d'espoir

Dans la foulée de la commémoration du 10 juin 1944, l'assemblée était invitée à inaugurer la fresque des écoliers de Maroulas. Installée sur le mur, elle fait face au monument aux morts : un symbole de paix face au souvenir de la guerre.

Devant, les enfants entourent leur maîtresse, Aurélie Feuillerat, qui rappelle l'histoire de cette fresque, son cheminement, le travail et l'implication de ses «chouchous» qu'elle place au premier rang de ses remerciements.

«Ce sont les enfants qui ont imaginé ce graphe dans le cadre de notre travail de mémoire et c'est leur choix d'y mettre beaucoup de choses» explique-t-elle en énonçant les contenus de la fresque. On y trouve un saule marsault (d'où est venu de nom du village), une grotte – y compris sa chauve-souris –, l'école, la mairie, l'église, le monument aux morts, le drapeau, un champ labouré, une colombe de la paix. Et une magnifique petite fille qui envoie un message d'amour à ceux qui la regardent.

Et «oui ce sont les enfants qui ont fait le plus gros du travail sur cette fresque» ajoute la «maîtresse» à l'attention de ceux qui en doutaient, remerciant au passage le mouvement graphique et Stéphane Raura pour leur expertise.

Roselyne Artigues (conseil départemental) admire cette œuvre «voulue par les enfants, empreinte de mémoire et porteuse d'espoir», commentant que «le chemin de la paix passe par celui de l'amour». De son côté la sous-préfète Marie-Paule Demiguel voit dans cette initiative un «bel hommage des élèves aux défunts en même temps qu'un plaidoyer pour la paix».

Et ce sont (encore !) les enfants qui concluent, en interprétant (encore) une chanson de Romano Musumarra et Jean-Marie Moreau, «On écrit sur les murs». Encore un message de paix et d'espoir.

H.B.

Tag(s) : #Marsoulas, #Guerres, #Comminges, #La Resistance et les Villes Médaillées
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