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  • Un rapport et des photos par le premier témoin du massacre

     

Un rapport et des photos par le premier témoin du massacre

Publié le

Quelques heures après le drame, le 10 juin 1944, le maire de Marsoulas, Jean Blanc, et le Sous-préfet de Saint-Gaudens, David Dautresme sont appelés pour constater le massacre et identifier les défunts.

Durant cette tournée des maisons, le sous-préfet parviendra à prendre plusieurs photos, «au péril de sa vie» commentera Jean Blanc. Pour le représentant de l'Etat, il s'agit de rassembler de «terribles documents accusateurs» qui, au final seront utilisés lors du procès de Nuremberg. Voici c e que le sous-préfet, premier témoin du massacre, écrit le 12 juin dans son rapport officiel.

«Avec une sauvagerie inouïe et une véritable folie sanguinaire, ils ont tué à bout portant, la plupart d'une ou deux balles dans la nuque, 14 enfants, 6 femmes et 7 hommes. Cinq blessés ont été transportés à l'hôpital de Saint-Gaudens, et l'un d'eux est décédé ce matin, ce qui porte à 28 le nombre de morts dans la commune de Marsoulas. Les habitants ont été tantôt tués chez eux, tantôt conduits dans la rue pour être abattus, malgré leurs protestations d'innoncence, leurs supplications. Parmi les enfants assassinés avec une sauvagerie sans nom, il y a un petit enfant de 4 mois qui a été sorti de son berceau, tué d'une balle dans la tête et jeté sur le palier devant la chambre de sa mère exécutée de la même façon, entourée de ses deux petites filles de 6 et 8 ans et de son petit garçon de 10 ans, tous tués de balles dans la tête. Dans une autre maison, le grand-père, la mère, un petit garçon de 4 ans et une petite fille de 2 ans, ont été tués sur le pas de leur porte, et j'ai trouvé la mère et la petite fille la tête éclatée, la matière cervicale répandue. Dans une autre maison, deux petits jumeaux de 5 ans ont été tués dans leur lit.

«Des scènes d'horreur se sont déroulées dans presque toutes les maisons attaquées, et si un certain nombre d'hommes et femmes n'avaient pas été aux champs ou en déplacement, il est probable que la moitié de la commune aurait ainsi disparu. Parmi les tués se trouve une famille de cinq personnes, la femme et quatre enfants, évacués de Toulouse et dont le mari travaille encore dans cette ville».


Le chiffre : 27+1

Morts > Le 10 juin 1944. 27 habitants (11 enfants, 10 hommes et 6 femmes), de Marsoulas massacrés par la colonne allemande. S'y ajoute le nom de Camille Vimbert, le résistant tué sur le toit de l'église.


Les victimes

Audoubert Alfred (55 ans), Audoubert Jeannette (22 ans), Audoubert Pauline (49 ans), Audoubert Suzanne (13ans). Barbe Claude (5 ans), Barbe Michel (5 ans), Barthet Guillaume (54 ans), Carbo Jacques (40 ans), Castex Jacques (59 ans), Castex Pauline (55 ans), Cazenave Gaston (21 ans), Cazenave Jean-Baptiste (49 ans), Cazenave Julie (44 ans), Cazenave Paulette (19 ans), Dedieu Emmanuel (45 ans), Dedieu Georgette (17 ans), Dedieu Thérèse (14 ans), Edmond Jean (25 ans), Fulbert Adrien (25 ans), Fulbert Jacques (5ans), Fulbert Marguerite (26 ans), Fulbert Mauricette (2 ans), Saffon Christian (3 mois), Saffon Madeleine (42 ans), Saffon Micheline (12 ans), Saffon Suzanne (19ans), Saffon Yves (14 ans).

H.B.

Tag(s) : #Marsoulas, #Guerres, #La Resistance et les Villes Médaillées, #Comminges
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