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Plus de licences IV pour le milieu rural, revitalisation ou utopie?

L'Assemblée Nationale a entériné l'ouverture de nouveaux bars dans les campagnes, avec la remise en circulation de licences IV, dans un but de "revitalisation rurale". L'amendement prévoit que durant trois ans, une licence IV pourra être créée par déclaration auprès du maire, dans les communes de moins de 3.500 habitants n'en disposant pas actuellement. Cette licence ne pourra ensuite faire l'objet d'un transfert au-delà de l'intercommunalité concernée.

Une mesure qui vise à enrayer la fermeture des bars, particulièrement en zone rurale: les licences IV sont passées de 200.000 dans les années 60 à 40.000 aujourd'hui, concentrées dans les grandes villes.

Ce n'est pas Jean-François Gouazé, "Kiki", patron du café, restaurant hôtel à Saint-Martory, qui va contrecarrer cette mesure. Avec toutefois des réserves.

- Que pensez-vous de cette mesure?

- C'est vrai qu'il y a encore quelques années, il y avait des bars dans les villages alentour. On pourrait penser que puisque les bars ont fermé, il y aurait plus de monde dans ceux qui restent ouverts. Pas forcément. Le monde appelle le monde. Un groupe de commerces va attirer plus qu'un seul commerce. L'important c'est de maintenir des lieux de vie. Si les gens peuvent se rendre à proximité de chez eux c'est bien.

- Comment tenez-vous le coup dans un village de 900 habitants?

- C'est en faisant de plus en plus d'heures et en maintenant des tarifs de menus et de consommation très raisonnables, que j'arrive à tenir. Des solutions miracles il n'y en a pas. Je fais plus d'heures aujourd'hui que quand j'ai repris le commerce il y a 21 ans.

- Par contre, autant pour Kiki que pour les clients présents, comme Jean-Marie, artisan, le problème est ailleurs:

- Je pense qu'on fait beaucoup de choses pour que les gens ne sortent pas de chez eux. Entre Internet, les réseaux sociaux, les jeux vidéos, le fait qu'on puisse tout commander avec les portables, on sort de moins en moins. Il y a une dynamique de la société qui fait qu'il est très compliqué de mobiliser les gens pour les faire se rencontrer. On les individualise et on leur fait perdre le sens de la vie de groupe. Ce n'est pas uniquement une question d'alcool ou de licence IV.

 

- Un autre point interpelle le patron du bar:

Là ou je suis un peu plus méfiant, c'est sur le fait que ces commerces seront'ils tenus par des professionnels ou pas? Car si on offre la licence, et peut-être un local, des gens s'installeront sans avoir forcément des compétences ou de l'expérience, sans avoir à faire de gros investissements, et donc seront souvent moins responsabilisés que s'ils devaient obtenir un crédit, ou mettre des fonds propres.

- En milieu rural, ouvrir uniquement un bar est-ce viable?

Il faut un autre métier à côté ou alors ouvrir un multi-service. Un autre problème c'est la consommation d'alcool. Alors qu'on parle du mois sans alcool, d'allusions à la tolérance zéro, comment explique t'on que l'on va donner des licences IV, pour ouvrir un bar? On fait tout pour que les gens boivent chez eux, et on va distribuer des licences IV.

 

Tag(s) : #Comminges, #Société, #Kiki Bistrot de pays, #Saint-Martory
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