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  • Jean-Marie Jolivet. / Photo DDM.

Jean-Marie Jolivet. / Photo DDM.

Publié le , mis à jour

Jean-Marie Jolivet avait fréquenté la fac de Vincennes à une période florissante et il y a rencontré toute une mouvance qui était dans la pensée constitutive des alternatives à la psychiatrie. Son parcours de vie s’est construit autour de cette expérience. Le Moulin à paroles, à Sainte-Croix, en est une expression.

Il a monté avec un collectif, à Lasserre, "Les Anormales", des groupes de parole auxquels participaient une dizaine de personnes et qui mélangeaient, chose rare dans le département, des natifs ariégeois et des néo habitants. Le groupe de parole est un moment ou lui-même a beaucoup partagé sur son enfance douloureuse et aussi particulièrement sur son expérience de la guerre d Algérie, qui sera restée un traumatisme pour lui. Il avait vu son meilleur ami mourir devant lui sans pouvoir rien faire pour le sauver et, des dizaines d années après, il pleurait en l’évoquant. Il était avant la guerre un anticolonialiste libertaire et engagé, dans cette mouvance qui ne comprenait pas grand monde à ce moment-là, et il est resté anticolonialiste jusqu’au bout.

En 2005, avec une amie musulmane, il a monté un collectif à Toulouse, Générations spontanées contre le racisme et l islamophobie. Beaucoup de femmes musulmanes voilées participaient à ces débats. Il a beaucoup écrit et tous ces documents sont d une très grande richesse de mémoire.

Jean-Marie est parti le plus sereinement possible.

Plus que des sentiments, car il ne s’exprimait guère, nous avons partagé les quelques espoirs qui lui restaient, et aussi ses colères face à un monde divisé.

À ses enfants et sa famille, nous adressons nos plus sincères condoléances.

Adieu Jean-Marie.

Correspondant

Tag(s) : #Ariège, #Philiosophie
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