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Cassagne - Comment s'en sortent les agriculteurs?
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Article dans la Gazette du Comminges du 25/03/2020

Comment l’agriculture, qui était déjà en crise avant la pandémie, s’en sort’elle pendant ces périodes de confinement ?

Aujourd’hui les circuits courts et les ventes de produits locaux sont boostées. Mais à la fin de la crise, à l’heure des comptes, il risque d’y avoir beaucoup de dégâts, en particulier sur les grosses structures qui travaillent avec l’étranger à l’exportation.

Comment nos agriculteurs sont-ils impactés dans nos campagnes ? Le COVID-19 bouleverse t’il leurs habitudes ?

Jean-Pierre, Stéphane, Yannick du GAEC des Bessous à Cassagne, répondent :

 Pour le moment, pour nous ça ne change pas grand-chose. Excepté qu’il faut montrer notre attestation à chaque déplacement, vu qu’on n’habite pas au même endroit que nos animaux et que nous avons des horaires adaptés à la vie animale. La traite des brebis commence dès 6h le matin et à partir de 18h le soir. 

Les travaux dans les champs continuent, il faut bien labourer, semer, traiter pour pouvoir nourrir les bêtes. Le ramassage du lait avec ces horaires de nuit continue également.

Le confinement vous concerne?

Pas vraiment, si ce n’est dans les cabines des tracteurs et du camion de ramassage du lait.

Si vous avez besoin de pièces cela pose t’il problèmes?

À l’heure d’aujourd’hui on n’est pas tellement impactés. Tant que les livraisons peuvent se faire, tant qu’il y aura du gasoil et de l’électricité ça va aller. Mais si les livreurs, les routiers ne veulent plus aller travailler de peur du virus, alors ce sera compliqué.

Les inquiétudes ce sera pour plus tard !

C’est en tout cas ce qu’exprime Jean-Pierre, le plus âgé de la famille, qui a déjà vécu en 2009 la crise du lait et qui redoute la durée de la pandémie et la gestion de sortie de crise :

« On est dans des commerces d’échange entre tous les pays, donc les agriculteurs qui traient aujourd’hui, si demain les chinois ne re-consomment pas bientôt, on va leur dire  « votre lait on n’en a plus besoin », parce qu’on exporte énormément vers la Chine. Moi, par exemple je repousse le départ des broutards qui devaient partir vers l’Italie ; tout est bloqué. Forcément il y aura un manque à gagner terrible.

Pour moi, ce dont on devrait être conscient, c’est que dans les dix prochaines années ça va nous couter très cher ce qui se passe aujourd’hui. Si ça continue longtemps, autant chez nous que dans les autres pays, on ne pourra plus vendre, et les usines à lait, les céréaliers… s’ils n’ont pas besoin de nos produits ils vont nous dire « on ne vous en achète plus. C’est ce qui peut se passer comme en 2009 avec le lait. Sur la durée, pour tous ceux qui travaillent avec des gros groupes, ça risque d’être compliqué. »

Comment voyez-vous l’avenir de cette crise ?

« Des solutions je n’en ai pas », explique Jean-Pierre. « Mais peut-être qu’à la fin ça partira en chantage entre les gouvernements… Car dans le cadre des échanges commerciaux, si on vend par exemple, des avions en Amérique Latine ou ailleurs et que eux nous vendent de la viande, peut-être qu’ils vont dire si vous ne nous donnez pas l’autorisation de vendre, nous on ne vous achètera plus vos avions ? Nous on exporte 70% de notre agriculture il me semble.

Mais, ceci dit, les autres pays sont dans le même cas. L’Espagne ne peut plus exporter ses fruits et légumes par exemple.

Ne pouvons-nous pas nous nourrir avec notre production française ?

C’est vrai qu’un des scénarii possibles c’est que les gens achètent beaucoup plus local. Pour les petits producteurs ça leur ferait du bien. Si on veut re privilégier notre pays, il faudrait qu’on se remette à consommer comme on faisait avant, il y a 50 ans, selon les saisons. Mais je ne sais pas si les gens sont prêts à ça. Le problème c’est que nous étions beaucoup moins demandeurs qu’aujourd’hui et aujourd’hui ce serait difficile d’y revenir. Moi ça ne me dérangerait pas d’y revenir, à travailler un lopin de terre, mais pour la majorité des gens, ils risquent de le trouver dur.

On va repousser les problèmes. On ne peut faire que ça actuellement.

Les circuits courts une solution pour les habitants ?

Du côté de Marie et Maxime qui vendent sur place les produits de la bergerie (fromage) et ceux des producteurs locaux (viande, miel, fruits et légumes, yaourt…), pour le moment tout se passe bien. Ils peuvent continuer à s’approvisionner en produits locaux, effectuer les livraisons aux personnes isolées et continuer la fabrication du fromage de brebis: "nous sommes en auto-consommation. Pour nourrir les brebis, nous produisons notre maïs, notre luzerne, notre foin, notre paille, nous n'avons pas besoin d'acheter sur l'extérieur. Nous pouvons continuer à produire le fromage sans problèmes."

Pas de soucis d’approvisionnement pour les jours à venir, car comme le rappelle Marie : « il faut bien ramasser les légumes, les poules continuent à pondre, les vaches à faire du lait… Et nous devons continuer à vendre pour nourrir la population. »

A la boutique d’alimentation les règles barrages sont respectées, pas plus de 3 personnes à la fois : « dès l’annonce du confinement, les clients se sont précipités, en particulier sur la viande, les fruits et légumes, le miel, les yaourts et le fromage. Les gens ont tout dévalisé, mais ils ne vont pas stocker indéfiniment. Peut-être que dans deux mois on se retrouvera avec des stocks de fromage. Pour le moment on essaie de produire au moindre coût. »

Tag(s) : #Agriculture, #Cassagne, #COVID-19, #Comminges
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