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Dans le cadre de: "vous pouvez vous balader 1 km autour de chez vous", je vous propose quelques balades selon ou vous habitez...

A Cassagne, selon qu'on est au centre du village ou dans les écarts, ben c'est sûr qu'avec un seul kilomètre on ne peut pas aller dans tous les coins du village.

Quoique... petit exercice de maths qui a occupé quelques internautes ces jours-ci:

A partir d'un point, si on prend un rayon d'1 km autour de ce point, combien de kilomètres pourriez-vous marcher avant d'être à nouveau chez vous? .... réponse en bas de page, si des fois vous avez oublié vos cours de géométrie....

Vous avez le choix entre 1 km, 2 kms, 6,28 kms, 7,28 kms, 8,28 kms, 9,28 kms ?....

Donc, Balade!

Cassagne - Le prêtre proscrit - le village d'Illier en Ariège

Très différente de la « Tuto deras Hados », étroite et profonde, la « Tuto » de l'homme mort n'est qu'une simple cavité creusée au milieu des bois de Montaoudech à quelques centaines de mètres du vieux chemin de Furne.

En partie comblée aujourd'hui par des effondrements de terre, elle dut être autrefois sommairement aménagée et peut être même porter un toit.
Au cours des siècles, elle servit d'abri de fortune à des vagabonds, des fugitifs de toutes catégories et des bandits de grands chemins, mais on ne connaîtra jamais l'identité du riche inconnu qu'on y trouva un jour assassiné et d'où elle tire son appellation actuelle.


* L'un de ses derniers occupants fut, à la fin du XVIIIème siècle, un nommé François Saleich. C'était un prêtre réfractaire, refusant de se conformer aux lois révolutionnaires sur le clergé, donc suspect et recherché par la police.
Il s'était réfugié dans sa famille qui habitait la dernière maison à gauche avant la descente de chemin de la Caraou, quand un soir, les gendarmes vinrent frapper à sa porte pour l'arrêter. Prévenu quelques instants auparavant, il avait eu le temps de sauter par une petite fenêtre de la façade arrière et, s'échappant vers le Lens il alla se dissimuler à la « Tuto » de l'homme mort. Il y resta quelques jours et ses proches lui amenaient régulièrement de la nourriture, mais ayant appris que la police avait connaissance de sa cachette, il décida de partir pour se réfugier en Espagne.


Marchant la nuit, se cachant le jour, il arriva par les sentiers de montagne dans la haute vallée de l'Ariège où il fut pris dans une violente tempête et perdit son chemin. Il dut son salut à une petite lumière qu'il aperçut au loin et vers laquelle il se dirigea. C'était un de ces parcs clôturés de barrières de bois où l'on enfermait les moutons pendant la nuit pour les protéger des attaques des loups. La petite lumière était précisément la lanterne destinée à tenir les fauves à distance. Le berger n'était pas loin, c'était le Maire de la Commune d'Illier. Il réconforta le fugitif et le recueillit chez lui.


Mais le sort n'était décidément par favorable à François Saleich et un soir qu'il était assis auprès du feu, occupé à tailler un bâton de berger dont une extrémité recourbée sert à crocheter les pattes des moutons, les gendarmes entrèrent pour s'informer de son identité.
Ce fut le Maire qui répondit à sa place en le faisant passer pour un nouveau domestique un peu demeuré.
Les gendarmes se retirèrent apparemment satisfaits de la réponse, mais le lendemain ils firent savoir au Maire qu'ils n'étaient pas dupes, car à ses mains fines et à son couteau à manche de nacre, ils avaient bien vu que le suspect n'était pas un domestique de ferme.
Dès lors, celui-ci dut se résoudre avec l'aide des gens du village à repartir et à franchir la frontière espagnole au-delà de laquelle il trouva un asile plus sûr.


Quelques années plus tard, les poursuites contre les prêtres réfractaires ayant été levées, François Saleich revint à Cassagne, mais en reconnaissance pour les habitants d'Illier qui l'avaient si bien accueilli, il voulut être curé de cette Commune. C'est là qu'il mourut vers le milieu du siècle dernier.
On prétend qu'après sa mort il réalisa des miracles et sa tombe, dans l'Église, y est vénérée comme celle d'un Saint.

Extrait de la monographie de Joseph Blanc maire de Cassagne

Le village d'Illier selon le site dédié de la mairie

Malgré l’absence de documents écrits antérieurs au XIVe siècle, il ne fait aucun doute que le village d’Illier s’est regroupé à la fin du haut Moyen Âge ou au tout début du Moyen Âge central car sa structure est comparable aux autres villages de montagne de cette époque et parce qu’il est doté d’une église dédiée à un saint en mode au cours du haut Moyen Âge (Orens).

Son toponyme est d’ailleurs constitué d’un nom d’homme utilisé au haut Moyen Âge que l’on connait sous forme germanique (Illari) ou latine (Illus).

Le village est bâti en limite des terroirs agricoles (sur terrasses) et pastoraux comme nombre d’autres habitats de la haute vallée du Vicdessos, par exemple Lapège, Orus ou Lourdenac (disparu).

Dans l’église d’Illier est conservée une très belle statue en bois, représentant une vierge à l’enfant dans un style roman et datant du XIIe siècle.

Dès le XIVe siècle, la communauté d’illier participe au nouveau consulat de Vicdessos et certains de ses membres sont nommés dans les actes. Elle précise alors ses limites territoriales, parfois en conflits avec d’autres, notamment Lapège ou Siguer.

Au cœur de la grande crise du XIVe siècle, Illier est un tout petit village, doté de 12 foyers fiscaux seulement. Ils dépendent de seigneurs, Corbayran de Foix, Guillaume d’Arnave et le Gailhard de Saint-Martin. Ce sont les seigneurs présents dans d’autres habitats autour de Vicdessos et ils tiennent leurs fiefs des comtes de Foix. Le village s’étoffa ensuite peu à peu, plus rapidement au XVIIIe siècle, et jusqu’à l’exode rurale qui débuta dans le second tiers du XIXe siècle.

Le village de Laramade est probablement une création plus tardive et resta toujours moins important : à la fin du Moyen Âge n’est mentionné que le pont qui sert de limite à la communauté de Vicdessos et au mieux existe-t-il probablement quelques maisons car un habitant du lieu travaille le fer en Montagne Noire. Avec le gonflement des relations économiques, ce village s’étoffa après le Moyen Âge et une forge y fut bâtie au XVIIIe siècle pour traiter le minerai du Rancié.

Le toponyme du village est d’ailleurs de formation plus récente que celui d’Illier, puisqu’il s’agit d’un terme occitan qui qualifie le troupeau de mouton : on est bien sur le lieu de passage des transhumances auparavant biannuelles.

Alors qu’au début du XIXe siècle, les deux villages comptent plus de 600 habitants, on n’en dénombre plus que 300 en 1900 et une vingtaine à la fin du XXe siècle.

 

Réponse au devoir de maths pour ceux qui auraient oublié leurs cours élémentaire:

Circonférence du cercle situé à 1 km de chez vous: 2¶R+2R soit (2 x 3.14 x 1) + ( 2 x 1) = 8, 28 kms...

Tag(s) : #Cassagne, #Patrimoine, #Ariège

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