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Payez maintenant votre verre post-confinement
Pour soutenir la trésorerie des cafés et restaurants, la plateforme « J’aime mon bistrot » permet depuis trois semaines de précommander en ligne un café, du vin, une bière, un cocktail ou même un repas, pour un montant de 1,50 à 50 euros. A Bordeaux, le dispositif fait des émules, encouragés surtout par « les témoignages de sympathie ».
TCHIN Dans le Bordelais, restaurateurs et bistrotiers se sont inscrits sur la plateforme nationale « J’aime mon bistrot » qui permet de commander son petit verre post-confinement
Deux verres de vin rouge

Deux verres de vin rouge — Petite Atelier Ramey

  • Afin de soutenir la trésorerie des propriétaires de cafés et de restaurants, la plateforme « J’aime mon bistrot » permet depuis trois semaines aux clients de précommander en ligne un café, du vin, une bière, un cocktail ou même un repas, pour un montant de 1,50 à 50 euros.

  • Ces précommandes sous forme de bons d’achat permettent d’aider financièrement les établissements mis à mal depuis le confinement et mais aussi de rapidement renouer avec ses petites habitudes de quartier une fois « déconfiné ».

  • En Nouvelle-Aquitaine, 538 restaurants et bars ont rejoint la plateforme pour un total de 1.855 commandes. A Bordeaux, le dispositif fait des émules, encouragés surtout par « les témoignages de sympathie ».

« C’est un caillou dan la mare, mais c’est mieux que rien. » Franck Faux est inscrit surJ'aime mon bistrot depuis trois semaines et, déjà, ce propriétaire de deux enseignes à Bordeaux (Lord Lion et Jamboree) sent que la reprise « va être sympathique ». La plateforme, créée quelques jours après le 15 mars et la fermeture des restaurants, des bars ou des cafés, permet aux clients de précommander en ligne le café, le verre de vin ou de bière voire la planche de charcuterie et le repas qu’ils consommeront une fois ces établissements « déconfinés ». « J’ai une dizaine de commandes sur les deux adresses, précise Franck Faux. Ce n’est rien à côté de ce que je pourrais faire en temps normal, mais c’est surtout sympa de pouvoir lire des témoignages de sympathie, de voir que les habitués sont toujours là. »

Comment ça marche ? Sur la base du « commander aujourd’hui, consommer demain » et en deux volets. Lancée par un collectif de plus de 60 professionnels du secteur (Fédération nationale des boissons, Brasseurs de France, France boissons, Pernaud Ricard, Lavazza, etc.), la plateforme propose aux points de vente du contenu informatif nécessaire en temps de crise (réglementation, soutien juridique, etc.) et permet aux clients de gonfler le fonds de solidarité en anticipantleur « consommation de déconfinés » pour un montant de 1,50 à 50 euros. En trois semaines, 7.000 établissements se sont inscrits et 18.000 précommandes ont été passées, pour une cagnotte solidaire qui atteint le 1,2 million d’euro.

« Ça nous relance alors qu’on est fermé depuis le 15 mars »

« On a communiqué il y a moins de dix jours donc le succès est assez rapide. Il y a une vraie chaîne de solidarité, souligne Thierry Caloin, directeur commercial CHD (consommation hors domicile) chez Kronenbourg. Durant cette période, on s’aperçoit que l’on prend des décisions beaucoup plus rapidement, qu’on converge vers des buts communs. De voir Kronenbourg et Heineken travailler ensemble alors qu’ils sont en concurrence depuis des années, c’est inédit. On sait aujourd’hui qu’on peut rassembler et soutenir encore plus d’établissements. »

Preuve du succès, le collectif qui s’était fixé l’objectif d’abonder de 50 % le montant des 10.000 premiers paniers est rapidement passé à 20.000. Pour toute précommande de 10 euros, 5 euros sont ainsi « offerts » par le collectif. Les 10 euros sont d’emblée reversés au point de vente pour « soutenir la trésorerie » et les 5 euros virés à l’ouverture du troquet ou du restaurant. « Ça montre qu’on est soutenu par le secteur et que les habitués seront là à la sortie, commente Franck Faux. Pour l’instant, je n’ai qu’une dizaine de commandes, mais certaines atteignent le panier maximum, soit 50 euros. » « On garde le contact avec les clients assidus et puis, si tout le monde s’y met, on va y arriver, renchérit Ronan Queré, du Bistrot des Frérots à Bordeaux. Ça nous relance alors qu’on est fermés depuis le 15 mars. Du coup, on réfléchit à rouvrir quelques jours par semaine pour proposer de la vente à emporter. »

538 établissements participants en Nouvelle-Aquitaine

Sur la plateforme, le panier moyen frôle les 46 euros. Il est de 49 euros en Occitanie, où 550 établissements sont inscrits. En Nouvelle-Aquitaine, 538 restaurants, cafés et bars ont rejoint J’aime mon bistrot (180 en Gironde), 1.855 commandes ont été passées (798 en Gironde) pour un montant de près de 75.000 euros (47 euros le panier moyen, 43 euros en Gironde).

La fourchette est haute, les clients généreux et cela n’étonne pas Thierry Caloin : « Pour beaucoup de Français, aller au bistrot fait partie du rituel de la vie quotidienne. Cela leur tient à cœur de rapidement retrouver leur comptoir ou leur terrasse préférés, de profiter d’une ambiance apaisée et chaleureuse. C’est quand on est privé de quelque chose qu’on se rend compte de sa valeur. Et le bistrot, c’est notre patrimoine. »

 

Tag(s) : #Restauration, #Commerces, #Solidarité, #COVID-19
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