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Salies du Salat et le général Compans

Pour dénommer les diverses allées ou places de Salies du Salat il faut se référer aux arbres: la place des Platanes qui en fait est la place Philippsthal est la première place que l'on trouve en arrivant de Mazères sur Salat. Un peu plus loin après la place Jules Ferry, qui jouxte l'école primaire, on arrive à l'allée des Tilleuls ou allée d’Austerlitz ou plus communément appelée l'allée du Casino.

Cette allée a son histoire et elle remonte au temps de Napoleon 1er. Le 2 décembre 1805 Napoléon 1er gagne la bataille d'Austerlitz face aux forces austro-russes de l’empereur François Ier d'Autriche et du Saint Empire et de l'empereur russe Alexandre.

Le 18 février 1806, l'assemblée municipale qui s'occupe des affaires de la cité salisienne décide la plantation de 200 arbres au pré commun, répartis sur cinq allées. "Une tradition orale", explique Elie Vintrou dans son ouvrage sur Salies, "veut que ces arbres représentent le nombre de morts du canton à la bataille d'Austerlitz." Une bataille qui fera 1 537 morts au total parmi les soldats Français.

Mais à cette guerre un salisien s'illustra et surtout survécut, Dominique Compans. Né en 1769 à Salies, il fût capitaine au IIIème bataillon des volontaires de la Haute-Garonne, il fit les campagnes d'Italie et d'Espagne. Vers la fin de 1793, il prit part au siège de Toulon. Il marcha avec la Grande Armée d'Allemagne vers la fin 1805 et le 2 décembre il était à la bataille d'Austerlitz. Il eut plus de chance que ses compagnons du canton et ne fût pas tué. Il devint général de division. Au cours de la campagne de Russie, il fut nommé général (9 mars 1813). En 1814, le général Compans fit la campagne de France. Louis XVIII le nomma comte et pair de France. Il mourut dans son château de Blagnac en 1845 mais fût inhumé, à sa demande à Salies. Son tombeau qui ne comporte aucune croix, est rehaussé d'un médaillon circulaire de marbre blanc. Le sculpteur Griffoul Dorval, y a ciselé l'écu du défunt comprenant "six lances croisées", ce qui rappelle par un jeu de mots que le Général était surnommé "Général Silence", en raison de la froideur de son caractère. Son nom est également gravé sur l'Arc de Triomphe de l’Étoile.

 

Quant à sa statue, elle a occupé jusqu'en 2004 le rond-point situé au centre-ville face au marché et a été déplacée devant l'école primaire, place Jules Ferry lors des rénovations de cette place.

 

 

écrit par Jacques Hennebois dans la Dépêche du Midi

"Les travaux très importants engagés sur la place Jules-Ferry, la place Compans et l'avenue de la Paix créent une gêne certaine pour les Salisiens qui comprennent que l'embellissement de Salies permet aussi une amélioration de la circulation et du stationnement. La première surprise est venue du déplacement de la statue du général Compans qui servait de rond-point.

Qu'est-ce qu'un déplacement d'une centaine de mètres pour un militaire qui avait, au cours de sa carrière, parcouru toute l'Europe avec les moyens du bord ? Assurément pas grand-chose, mais cela permet aux Salisiens de le voir de plus près. Jean Dedieu, la mémoire de Salies, nous a permis d'en savoir davantage sur la sculpture, fierté de la cité commingeoise.

érigée en 1851

Cette statue en marbre blanc a été érigée en 1851 par le sculpteur toulousain Griffoul-Dorval grâce à une souscription publique de 500 francs or. C'est la première fois, en un siècle et demi, que cette sculpture est déposée. Cela a été une opération délicate menée de main de maître par les ouvriers de la SGREG devant un parterre de curieux médusés.

La statue de Compans, qui trône maintenant au milieu de la place, n'a subi aucune dégradation majeure depuis son érection hormis celle du temps. On remarque cependant qu'il lui manque une phalange de l'index droit. C'est François Allemand, un jeune salisien né en 1838, qui avait occasionné cette mutilation avec sa fronde avant de recevoir de son père une solide correction. Un peu plus tard, François Allemand a rempli l'emploi de suisse à l'église Notre-Dame de la Pitié. Il était coiffé d'un imposant bicorne et portait au côté une épée de parade intimidante. Cependant sa principale arme était une hallebarde avec laquelle il martelait le sol lors des cérémonies religieuses en leur donnant une certaine solennité.

 

 

Son nom, et sa profession faisaient dire aux humoristes locaux que François était à la fois Salisien, Allemand et suisse. Bien plus tard, il racontait aux enfants que c'était lui qui avait « blessé » le général à la main. Il plaisantait aussi à propos de la vessie du personnage en affirmant aux enfants qui l'écoutaient que l'on devait descendre Compans une fois par an pour le faire uriner dans le Goutas. Cette histoire véridique se raconte encore de nos jours.

Maintenant que la place est ouverte au public, il est à parier que Salisiens et touristes s'approcheront de la statue pour la contempler de près d'un autre œil en pensant aux anecdotes contées par Jean Dedieu."

J.H.

Tag(s) : #Salies du Salat, #Patrimoine, #Comminges
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