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La salle de classe de Marsoulas et ses 13 tables, au lieu de 27 habituellement.

  • La salle de classe de Marsoulas et ses 13 tables, au lieu de 27 habituellement. PhotoDDM. ZG.

Publié le  , mis à jour 

l'essentielPour ou contre l’ouverture des écoles dans le Comminges ? Que ce soit les enseignants ou les élus, les avis divergent. Exemples de "pour" à Cassagne, Marsoulas et Montsaunès ; et de "contre" avec Mazères et Valentine.

Puisque c’est à eux de décider, ils ont décidé. En général, ils ont échangé avec les enseignants, avec les parents, avec les élus, mais au final, eux seuls pouvaient décider.

Et voici que tombe le premier regret, exprimé par Jean-Claude Dougnac, maire de Mazères : "Le gouvernement a transféré au maire la responsabilité de décider d’ouvrir ou pas les écoles le 11 mai". Entre le "protocole sanitaire reçu le 4 mai", les "contraintes imposées et les délais très courts pour les mettre en place, j’ai décidé de ne pas ouvrir les écoles le 11 mai".

Même son de cloche avec André Puisségur à Valentine, qui déplore le "manque évident d’instructions, de précisions, de la part de nos gouvernants". Et "aucun service minimum d’accueil, aucun accueil en maternelle, élémentaire, aucune restauration scolaire ne seront assurés durant la période de fermeture" ajoute-t-il.

Car sa conviction est claire : "En ouvrant nos écoles le 11 mai, on met en danger les personnels (enseignants, communaux), les parents d’élèves et bien sûr les enfants […] pour un impératif essentiellement économique […] alors que le conseil scientifique avait préconisé une rentrée pour le mois de septembre prochain"

À Mazères, l’école continuera à "accueillir les enfants des personnels prioritaires", et les élus travaillent pour la mise en place des dispositifs et des aménagements en vue de "permettre la réouverture le 2 juin".

Dans ce cadre, Jean-Claude Dougnac a adressé un courrier à l’Inspectrice de l’Éducation Nationale pour une demande d’affectation d’une enseignante à l’école de Mazères afin de terminer l’année scolaire dans de bonnes conditions pour tous les élèves présents en classe et ceux qui suivront l’enseignement à distance.

"Ouvrir dans l’intérêt des enfants"

Alexandre Ader (Marsoulas), Philippe Souquet (Cassagne) et Maryse Mourlan (Montsaunes) ne partagent pas ces avis et ont choisi de répondre favorablement à la "demande du gouvernement". Bien sûr, ils ne nient pas l’argument de l’intérêt économique de cette réouverture, indispensable "pour que les parents puissent retourner travailler", que les "entreprises redémarrent".

Mais leur attention a également été attirée par "le bien des enfants". "Certains ont eu des problèmes de connexion et ont eu des difficultés pour suivre les cours. Des parents n’arrivent pas forcément à aider leurs enfants dans leurs cours" lance Alexandre Ader. "Sur un plan psychologique et de santé, il faut que les enfants puissent ressortir de chez eux et retrouver une vie sociale".

"Un retour à l’école nécessaire" notamment pour les enfants qui "n’ont pas chez eux les conditions nécessaires pour un apprentissage correct" ajoute Maryse Mourlan à Montsaunes. "À condition que les règles soient respectées" précise-t-elle. Tout l’enjeu de cette reprise, "c’est la condition de la réouverture" reprend Philippe Souquet. "Le protocole est appliqué en y ajoutant le bon sens et en l’adaptant à nos locaux".

"Une aberration sanitaire pour 24 jours de classe"

"On est partagés". Pour l’ouverture des écoles d’un côté, contre de l’autre : dans le milieu enseignant, on discute, on échange, on débat. Les uns ont envie reprendre car l’école leur manque, les élèves aussi, et ils reprennent volontiers des propos émis par d’éminents scientifiques pour qualifier le Covid 19 de "grippette". Les autres trouvent que c’est une "aberration sanitaire", s’étonnent des "changements de cap" du gouvernement et citent d’autres scientifiques – tout aussi éminents – pour dire leur inquiétude face à ce virus parfois mortel.

"Mais tous, nous nous préparons à accueillir les enfants, loyalement, comme nous le demande l’Education nationale" ajoute un directeur d’école.

Lui fera "son devoir", il "appliquera les mesures imposées par l’Education nationale", il retrouvera aussi les enfants "avec plaisir", mais fait partie des "Contre".

"Une usine à gaz"

"Je ferai mon devoir, mais ça ne m‘empêche pas d’avoir un avis – même si on ne me le demande pas" commente-t-il.

Outre le protocole "compliqué à mettre en place", il s’étonne de devoir mettre en place une usine à gaz "pour 24 jours de classe avant la fin de l’année" !

Lui s’était habitué à l’enseignement à distance "certes chronophage, mais qui fonctionnait bien". En revanche, il craint que le mélange entre l’enseignement présentiel ("moins d’un tiers de mes élèves pour la rentrée") et le distanciel ne se fasse au détriment du second".

Bien sûr qu’il souhaite autant que ses collègues se pencher sur "les élèves en difficulté", "éviter ou rattraper les décrochages". Mais n’est-ce pas ces élèves qui seront les premières victimes du "jonglage entre présentiel et distanciel" ? "On va s’adapter" rassure-t-il. De toute façon, il n’a pas le choix : "Pour nous, la rentrée n’est pas sur la base du volontariat"…

H.B. et Z.G.

Tag(s) : #COVID-19, #Comminges, #Canton de Salies, #Education

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