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ECONOMIE CIRCULAIRE Merci Raymond, startup aux multiples projets pour verdir les villes, s’adapte elle aussi à la crise sanitaire actuelle. Comment ? En proposant de vous racheter vos végétaux en souffrance depuis le confinement en vue de leur offrir une seconde vie

 

Fabrice Pouliquen

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    Que deviennent les plantes et autres végétaux qui, habituellement, égaient la vie de bureau ? Après deux mois de confinement, certaines se retrouvent en détresse aujourd’hui, d’autant plus qu’arrivent les premières chaleurs à Paris.

  • Pour leur offrir une seconde vie, la start-up Merci Raymond, qui veut reconnecter les citadins à la nature, propose aux entreprises comme aux particuliers de reprendre ces plantes en souffrance. Voire, dans certains cas, de les racheter.

  • Direction ensuite un local baigné de soleil à Ivry, où Merci Raymond a installé son « hôpital pour plantes ». Là, elles sont bichonnées pour être réintroduites dans de nouvelles compositions végétales. Ou transformées en compost pour celles pour qui c’est trop tard.

C’est une des conséquences du déconfinement, et du retour très progressif dans les entreprises, à laquelle on ne pense pas d’emblée : dans quel état sont les plantes et autres végétaux qui d’habitude égaient notre vie au bureau ? La startup Merci Raymond, elle, s’en préoccupe. En même temps, c’est son cœur de métier : « reconnecter les citadins à la nature », affiche-t-elle en évidence sur son site internet.

Une mission qu’elle remplit de multiples projets, notamment celui de créer des compositions végétales dans les entreprises, les espaces de coworking, mais aussi les restaurants, les cafés, les cinémas et autres espaces publics.

Pour les entreprises comme pour les particuliers

Une activité fortement réduite – pour ne pas dire à l’arrêt – depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19. Cela ne concerne pas seulement la création d’espaces végétalisés, mais parfois aussi leur entretien, raconte Olivia Debrosse, chargée de développement chez Merci Raymond. De nombreuses sociétés ont fermé leurs locaux pendant les deux mois de confinement. C’était le cas de la quasi-totalité des neuf sites de région parisienne pour lesquels Merci Raymond entretient des îlots de fraîcheurs. « Comptez vingt à quarante compositions végétales par site », précise Olivia Debrosse.

Ça donne une idée de la quantité de végétaux qui pourrait finir à la poubelle au fur et à mesure que les entreprises franciliennes rouvrent. Gâchis ? Il y a mieux à faire, répond-on en tout cas chez Merci Raymond, qui a lancé du coup son « hôpital des plantes ». La proposition de la start-up est de récupérer les végétaux en difficulté de la région parisienne. Une offre qui vaut pour les entreprises comme pour les particuliers. « Pendant le confinement, bon nombre de familles ont quitté Paris pour leur résidence secondaire, si bien que leurs plantes se retrouvent parfois aujourd’hui en détresse, avec l’arrivée des premières chaleurs à Paris », rappelle Olivia Debrosse.

Réintégré dans des îlots de fraîcheur… ou transformé en compost

Direction ensuite Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) où Maximum, une marque de meubles faits à partir de chutes de productions industrielles, lui met à disposition un local baigné de soleil. « Là, nous nous assurons qu’elles ont suffisamment d’eau et de lumière, précise Olivia Debrosse. Bien souvent aussi, nous les rempotons, taillons les branches mortes, leur apportons du compost et du terreau frais. »

Suffisant pour repartir ? Pour certaines plantes, oui. Elles rejoindront alors le réservoir qu’utilise Merci Raymond pour ses activités. « Elles serviront plus particulièrement à la confection de futurs îlots de fraîcheur, ou encore pour les diverses activités que nous menons autour des végétaux, que ce soit les ateliers d’hortithérapie dans les maisons de retraite parisiennes ou les projets de jardins pédagogiques dans des quartiers prioritaires. » Forcément aussi, dans le lot des plantes laissées à leur triste sort pendant ces longues semaines de confinement, certaines sont définitivement mortes. Merci Raymond s’y intéresse tout de même et propose une meilleure seconde vie que celle d’être mélangées avec d’autres détritus. « Nous en ferons tout simplement du compost. Nous en avons besoin en vue de la pépinière de végétaux que nous allons à ouvrir à Ivry, explique Olivia Debrosse. Le projet a juste été retardé avec la crise sanitaire liée au Covid-19. »

Un peu d’argent à la clé ?

Si Merci Raymond trouve son intérêt à récupérer ces végétaux en détresse, les entreprises et particuliers qui s’en délestent peuvent aussi y trouver leur compte. Et même gagner de l’argent. C’est en tout cas ce que met la start-up en avant dans sa communication. Dans le détail, c’est un peu plus compliqué.

La première étape est déjà de remplir un questionnaire en ligne, en précisant le nombre de végétaux que l’on souhaite vendre et en y joignant des photos. Merci Raymond propose ensuite un diagnostic, avec des conseils, si les propriétaires décident finalement de donner eux-mêmes une seconde vie à leur plante, ou une proposition de reprise.

Forcément, l’offre ne sera pas à prix coûtant. Pour celles en trop mauvais état, Merci Raymond vous proposera de les lui donner. Pour les autres ? Tout dépendra de la plante et de son état. « Pour des végétaux que l’on trouve à 5 euros dans le commerce, on vous proposera 1 ou 2 euros », illustre Olivia Debrosse. Mais les tarifs peuvent grimper plus haut pour les grandes compositions. Celles, typiquement, que l’on trouve dans les bureaux ou dans les lieux publics.

Une dizaine de plantes déjà récupérées

Ces sommes, vous pouvez soit les récupérer, soit demander à Merci Raymond d’en faire don à l’Institut Pasteur, soit encore les transformer en bon de réduction pour des commandes de nouveaux végétaux. Une dernière option qu’encourage vivement Merci Raymond. En particulier pour les entreprises qu’elle propose d’accompagner dans la création de nouveaux îlots de fraîcheur. « Ces derniers concourent aussi au bien-être au travail, et peuvent ainsi être un atout pour faciliter le retour progressif des salariés dans les bureaux », argumente Olivia Debrosse.

Mais ce n’est qu’une option. Il est possible de demander à Merci Raymond d’aller seulement chercher vos plantes en souffrance. Il faut avoir alors en tête que ces déplacements ont un coût : 25 euros pour un particulier, 40 euros pour une entreprise. « Pour les premiers, il est possible de déposer les plantes qu’ils nous vendent dans nos locaux parisiens, 10 rue de la Vacquerie, dans le 11e arrondissement. D’autres points de collecte pourraient être proposés à l’avenir si nous trouvons des partenaires », précise Olivia Debrosse. Et si, surtout, le service rencontre une forte demande. Lancé il y a quelques jours, il a déjà permis à Merci Raymond de récupérer une dizaine de plantes. Pour l’instant majoritairement récupérées chez des particuliers.

Tag(s) : #jardinage, #Environnement

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