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Déforestation : les forêts primaires parmi les plus menacées

 

Le rapport du Global Forest Watch dresse un bilan inquiétant de l'état des forêts tropicales du monde, en particulier des forêts primaires. Des chiffres bien plus alarmants que ceux présentés par la FAO quelques semaines plus tôt.

Biodiversité  |  03 juin 2020  |  Rémi Pin  |  Actu-Environnement.com

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Déforestation : les forêts primaires parmi les plus menacées

© quickshootingLes forêts tropicales sont très touchées par la déforestation

Pas moins de 24,2 millions d'hectares de couvert forestier ont disparu dans le monde en 2019, selon le bilan annuel du Global Forest Watch (GFW) sur l'état des forêts dans le monde. Un chiffre qui tient compte de la déforestation à proprement parler (au profit de l'agriculture, du développement d'infrastructures routières, minières…) mais aussi des perturbations naturelles, et des feux de forêts.

Les forêts tropicales très touchées

Les forêts tropicales ont été les premières concernées par cette déforestation avec 12 millions d'hectares perdus en l'espace d'un an, soit « la quatrième plus grande perte annuelle enregistrée depuis 2001 », précise le rapport. Sur ce total, ce sont 3,8 millions d'hectares de forêts primaires tropicales qui ont disparu, soit l'équivalent d'un terrain de football toutes les six secondes.

« Les forêts tropicales primaires constituent un écosystème forestier extrêmement important, avec des arbres vieux de plusieurs centaines, voire milliers d'années, explique le GFW. Elles stockent plus de carbone que les autres forêts et fournissent un habitat à une biodiversité très rare. Une fois ces forêts abattues, elles peuvent ne jamais retrouver leur état d'origine ».

L'Amazonie brésilienne la plus touchée

Les données de 2019 révèlent que plusieurs pays ont atteint un record en termes de pertes, et que les incendies ont causé d'immenses répercussions sur les forêts primaires. Le Brésil est à lui seul responsable de la perte de 1,4 millions d'hectares de forêts primaires tropicales, soit près du tiers du bilan mondial. Étonnamment, les feux de forêt en Amazonie n'ont pas été les plus grands responsables de la perte de forêts primaires en 2019. « L'Amazonie a fait face à un nombre d'incendies élevé en août 2019, mais bon nombre d'entre eux se sont produits dans des zones déjà déboisées où les exploitants avaient préparé les terres pour l'agriculture et les pâturages pour le bétail », précise Mikaela Weisse, coordinatrice du projet Global Forest Watch.

 

Les forêts tropicales primaires stockent plus de carbone que les autres forêts et fournissent un habitat à une biodiversité très rare. Une fois ces forêts abattues, elles peuvent ne jamais retrouver leur état d'origine 

Global Forest Watch

 

Le phénomène concerne aussi le continent africain. Plusieurs pays du bassin du Congo ont vu la perte de forêts primaires se poursuivre ou empirer en 2019, notamment la République démocratique du Congo, avec 475 000 hectares déforestés. En Afrique de l'Ouest, les chiffres sont toutefois prometteurs ; le Ghana et la Côte d'Ivoire ont tous deux réduit leur perte de forêts primaires de plus de 50 % en 2019 par rapport à l'année précédente. Les résultats sont aussi encourageants en Indonésie, où les pertes ont diminué de 5 % par rapport à 2018, troisième année de baisse à la suite.

Des statistiques contradictoires

Si le GFW annonce 24 millions d'hectares de forêts perdus en 2019, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a publié, à la mi-mai, dans son rapport des forêts du monde des chiffres nettement moins importants. La FAO estime à 11 millions le nombre moyen d'hectares de forêts perdus annuellement (en perte brute) sur la décennie 2010-2020, ce qui est inférieur aux 15 millions d'hectares perdus par an pendant la décennie précédente. Des différences qui s'expliquent par la collecte des données (la FAO se base sur des données fournies par les gouvernements, là où la GFW s'appuie sur des observations satellites), et aussi par la définition même de perte de couverture arborée (les deux organismes n'ont pas les mêmes critères pour comptabiliser la déforestation). Enfi, la FAO ne comptabilise pas les feux de forêt dans son bilan.

Aussi, en considérant les pertes nettes (c'est-à-dire en intégrant les zones reboisées), la FAO estime que le monde a perdu 4,7 millions d'hectares de forêts par an entre 2010 et 2020. Des différences qui pointent l'importance d'harmoniser les statistiques internationales sur l'évolution des forêts.

https://www.actu-environnement.com/images/illustrations/contact/67_photo.jpg https://www.actu-environnement.com/images/illustrations/contact/67_photo.jpgRémi Pin, journaliste
Rédacteur
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Tag(s) : #Environnement, #Forêts

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