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Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a annoncé, fin juillet, avoir finalisé sa collecte de données scientifiques disponibles sur la mortalité des abeilles. L'Efsa a réactualisé ces chiffres « fiables », dans le cadre de la révision des lignes directrices relatives à l'évaluation des risques liés aux pesticides pour les abeilles. Il s'agit de mettre à jour le document d'orientation actuel, qui date de 2013. Les nouvelles lignes directrices sont attendues pour 2021. À la demande de la Commission européenne, la révision du document doit être axée sur les preuves relatives à la mortalité des abeilles « en tenant compte d'une gestion apicole réaliste et de la mortalité historique naturelle ».

Publié le 28 juillet, le rapport de l'Efsa renforce les connaissances existantes « en adoptant une approche plus systématique que celle utilisée auparavant et en élargissant la portée de l'analyse au-delà de la mortalité des abeilles butineuses », a indiqué l'agence européenne. Le rapport est basé sur la « plus grande collecte systématique de données jamais réalisée sur les taux de mortalité et couvre trois groupes d'abeilles – abeilles mellifères, bourdons et abeilles solitaires », fait-elle valoir. Les principales sources d'informations qui ont alimenté ce rapport sont une revue systématique de la littérature ainsi qu'une enquête menée auprès d'apiculteurs de plusieurs pays de l'UE.

Les données disponibles sur les abeilles mellifères sont « suffisamment vastes » permettant à l'Efsa de tirer des conclusions « assez solides ». Les résultats de l'analyse mettent en évidence des différences « importantes » dans les niveaux de mortalité entre les castes et les rôles des abeilles dans la colonie. « L'impact des pratiques apicoles sur la mortalité semble très limité, mais pas totalement absent », estime l'Efsa. En revanche, les données sur les bourdons et les abeilles solitaires sont plus limitées et trop dispersées pour que l'Efsa puisse tirer des conclusions solides.

La révision du document d'orientation porte sur la collecte et l'évaluation des données sur la mortalité des abeilles mais aussi sur les voies d'exposition aux pesticides (pulvérisation, traitement des semences, granulés…), les cultures attractives, les tests…

« Le parasite Varroa bloque de nombreux apiculteurs à passer en bio »

Le Varroa destructor est un parasite présent dans toutes les ruches. Il se développe rapidement et peut décimer toute la colonie. Interview vidéo d'Alban Maisonnasse, chargé de mission à l'association de développement de l'apiculture provençale.

Le Varroa est une espèce d'acarien parasite de l'abeille adulte ainsi que des larves et des nymphes. Il provient de l'Asie du sud-est. Si le parasite vivait en équilibre avec son hôte d'origine, l'abeille Apis Cerana, lorsqu'il croisa la route de l'abeille domestique, l'Apis mellifera, bien plus vulnérable que sa cousine, le Varroa jacobsoni a muté, donnant naissance à une nouvelle espèce de parasite, le Varroa destructor.

Il est apparu en France au début des années 1980. Comme son nom l'indique, ce parasite « peut détruire une colonie. C'est même aujourd'hui la première cause de mortalité des abeilles mellifères dans le monde », explique dans la vidéo Alban Maisonnasse, chargé de mission à l'association de développement de l'apiculture provençale (ADAPI).

Pour les apiculteurs, la lutte contre le Varroa destructor est donc au cœur de leur travail. Mais les méthodes diffèrent entre l'apiculture bio et conventionnelle.

De puissants produits chimiques et anti-acariens, utilisés en agriculture conventionnelle, sont interdits en bio. Pour autant, il semblerait que les résultats des méthodes de luttes alternatives soient encourageants. De ce fait, le nombre d'exploitations bio progresse, même si elles nécessitent plus d'attention.

Pour rappel, le cahier des charges de l'apiculture bio exige d'avoir des ruches en matière naturelle ; le nourissement se réalise à base de sucre ou de sirop certifié bio ; la cire est certifiée bio ; le traitement du Varroa est réalisé par des moyen agréés ; le rognage des ailes des reines est interdit ; et les ruches doivent être placées de telle façon que, « dans un rayon de 3 km autour de son emplacement, les sources de nectar et de pollen soient constituées essentiellement de cultures produites selon les règles de l'agriculture biologique et/ou d'une flore spontanée et/ou de cultures traitées au moyen de méthodes ayant une faible incidence sur l'environnement… ».

Tag(s) : #Biodiversité, #Environnement

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