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L’Hospice de France, lieu de passage entre la France et l’Espagne.

  • L’Hospice de France, lieu de passage entre la France et l’Espagne. ©MarcBarbaresco CDT31

Publié le  , mis à jour 

l'essentielDurant la Seconde guerre mondiale, les Pyrénées ont été une voie d’évasion naturelle vers l’Espagne pour ceux qui fuyaient la France occupée. En Haute-Garonne, Marignac, Melles ou l’Hospice de France en ont gardé la mémoire et un premier "chemin de la liberté" balisé devrait voir le jour en 2021, en Comminges.

C’est une autre façon d’appréhender les Pyrénées qui réunira à la fois les passionnés de montagne et d’histoire. Durant la Seconde guerre mondiale, plusieurs milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont franchi à pied les cols pyrénéens pour passer en Espagne et fuir la France occupée et le nazisme. On peut encore aujourd’hui emprunter ces routes d’évasion appelées "chemins de la liberté". Le premier, inauguré en 1994 en Ariège sous la forme d’une randonnée balisée, va de Saint-Girons à Esterri d’Aneu. La Haute-Garonne et en particulier le Comminges avait aussi son réseau de sentiers secrets pour éviter les postes de contrôle officiels et les patrouilles allemandes. Citoyens qui voulaient rallier les forces françaises libres, familles juives qui fuyaient l’oppression nazie, réfractaires au STO, aviateurs alliés dont les appareils avaient été abattus les ont suivis, aidés par des résistants locaux. On évalue à au moins 33.000 le nombre d’évasions réussies entre 1940 et 1944 sur toute la chaîne pyrénéenne. Dans son guide Haute-Garonne secrète, le comité départemental du tourisme consacre un circuit entier à ces chemins de la liberté.

 

De Saléchan à Bausen

Il démarre à Saint-Bertrand-de-Comminges dont le maquis joua un rôle important dans la libération de la zone de Saint-Gaudens et rejoint l’ancienne gare de Saléchan dans les Hautes-Pyrénées, terminus pour des candidats à l’évasion qui venaient de la France entière. Une plaque rend hommage au chef de gare Émile Verdier qui, en cas de danger, plaçait un signe visible sur la voie ferrée pour les personnes recherchées puissent sauter du train avant la gare.

 

Le circuit fait ensuite étape à Marignac où une stèle gravée en mémoire des évades marque le début de leur long périple jusqu’au pic du Burat, à 2154m pour atteindre Bausen, en Espagne après deux jours de marche. La communauté de communes Pyrénées Haut-Garonnaises porte le projet de matérialiser et de baliser ce premier "chemin de la liberté" du département, de Saléchan à Bausen, d’ici l’été 2021. Et au printemps, c’est une boucle pédagogique mémorielle accessible à tous, retraçant en douze panneaux le parcours de ces évadés qui devrait être réalisée à Marignac.

Une "route de la liberté" en projet

De Melles, où un tombereau toujours visible à l’entrée du village servait à les cacher, les évadés marchaient pour rejoindre Canejan en Espagne, lieu de transit comme Bausen, pour ceux qui avaient réussi à franchir la frontière. Un autre projet mémoriel porté par l’association Chemins de la liberté par le Comminges et le Val d’Aran consiste à faire labelliser "Route de la liberté" l’actuelle RN125 de Seilhan jusqu’à la frontière franco-espagnole de Fos/Pont du Roi. Un itinéraire emprunté durant la Seconde guerre mondiale mais aussi dans les années 1930 par les Républicains espagnols qui fuyaient le franquisme.

Depuis l’ancienne gare de Saléchan, les candidats à l’évasion pouvaient aussi aller chercher le Port de Balès en passant par Ferrère, dans les Hautes-Pyrénées pour rejoindre le lac d’Oô et le Pic des Gourgs blancs. D’autres, via Sost, ralliaient la vallée d’Oueil et Mayrègne, lieu de regroupement, puis Castillon-de-Larboust avant de partir en direction du col du Portillon ou d’Hospice de France et du port de Vénasque pour trouver la frontière et au bout du chemin, peut-être, la liberté.

 

Pratique

Les guides Haute-Garonne secrète, circuits découvertes sont disponibles gratuitement en version papier chez Haute-Garonne Tourisme, 14 rue Bayard à Toulouse, aux Olivetains, à Saint-Bertrand-de-Comminges, à la Maison de la Haute-Garonne à Avignonet-Lauragais et en ligne sur le site : hautegaronnetourisme.com

Johanna Decorse

Tag(s) : #La Resistance et les Villes Médaillées, #Pyrénées, #Comminges

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