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AU SOMMAIRE 

Comment créer un jardin de pluie ?

Les jardins de pluie se répandent au niveau collectif, du fait de leur capacité à résoudre en partie les problèmes d’inondations de plus en plus courants. Utiles, esthétiques et favorables à la biodiversité, ces jardins sont aussi tout à fait envisageables dans un jardin privé. Mais quel est le principe d’un jardin de pluie ? Et comment mettre en place ce principe ? Voici quelques réponses à ces questions !

La définition

La définition d’un jardin de pluie est la suivante : “un aménagement paysager qui utilise les eaux de ruissellement pour constituer un point d’eau ou une zone humide”. La mise en place de tel jardin se fait dans l’objectif d’empêcher le ruissellement en stockant ou en ralentissant les eaux de pluie.

Comment ça marche ?

Ces jardins permettent de lutter contre l’érosion provoquée par le ruissellement et contre les inondations. Ils ralentissent l’eau de pluie, évitant qu’elle n’arrive en trop grande quantité dans les égouts et dans les stations d’épuration, provoquant d’inévitables inondations dans les villes et villages. Ce type de jardin peut absorber jusqu’à 30 % d’eau de plus qu’un jardin classique.

Jardin de pluie

Mais les jardins de pluie urbains ont d’autres avantages : comme tout jardin d’eau ils ont la capacité de rafraîchir leurs alentours, et ils favorisent la biodiversité. Les zones humides se sont drastiquement raréfiées en quelques dizaines d’années, provoquant la disparition de nombreuses espèces notamment parmi les amphibiens mais aussi des insectes, oiseaux ou petits mammifères qui en dépendaient. 

Pour aller plus loin, lisez notre article sur la création d'une mare pour préserver la biodiversité en danger.

Ils s’installent en aval d’un récupérateur d’eau ou tout simplement de gouttières. Souvent de petite taille, ils sont plantés de végétaux adaptés aux marais, voire de végétaux aquatiques.

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Ils peuvent être utilisés pour purifier l’eau (lagunage naturel), eau qui s’infiltrera ensuite librement dans le sol.

Le principe d’un jardin de pluie est donc d’être seulement alimenté par les eaux de récupération. Les plantes de ce type de jardin doivent donc être capables de supporter des conditions très variables, allant d’une sécheresse prolongée à l’inondation.

À savoir : ces jardins ne sont pas une réelle innovation, dans le sens où ils reprennent des techniques fort anciennes destinées à limiter les dégâts courants lors de violentes précipitations. Les intenses “épisodes méditerranéens” dont on entend trop souvent parler et qui font beaucoup de dégâts ne sont pas nouveaux. Ils étaient atténués par les jardins en terrasses courants dans le sud-est de la France et en ville par les ruelles en calades (constituées de galets fixés sur chant). Les terrasses offrent des terrains plats à la pluie qui va s’infiltrer au lieu de ruisseler le long des pentes et les galets ralentissent les coulées d’eau dans les rues elles aussi en pente.

Exemples de jardins de pluie

Ces jardins sont généralement des jardins urbains, on en voit notamment dans les éco-quartiers. L’eau de pluie est récupérée bien sûr des toitures, mais aussi des trottoirs, des terrasses et autres surfaces imperméabilisées. Les terrasses végétalisées sur le toit des immeubles sont un type de jardin de pluie.

Dans certaines villes, les jardins publics sont des jardins qui accueillent de nombreuses plantes de zones humides pour que l’eau s'infiltre et stagne dans le sol.

Ailleurs, la pluie qui s’écoule le long des caniveaux ou encore des toits végétalisés, des places, est récupérée en sous-sol pour alimenter en eau les massifs et les arbres plantés à proximité (Boulogne-Billancourt, Bois-Colombes).

Des bords de Seine sont aménagés avec des jardins de graviers et des plantes vivaces, le gravier permettant une infiltration rapide en cas de montée des eaux.

À savoir : ce type de jardin existe depuis longtemps dans les pays anglo-saxons et sont parvenus en France il y a quelques années.

La création du jardin

Présent en ville, dans les cours d’immeubles, dans les quartiers, à l’échelle collective donc, le jardin de pluie peut tout aussi bien être réalisé dans le jardin d’un particulier. Les eaux pluviales peuvent être récupérées voire filtrées pour être utilisées pour diverses choses : l’arrosage bien sûr, mais aussi un évier extérieur, voire les toilettes. L’eau de pluie n’est en effet pas toujours neutre, elle peut transporter des substances nocives, d’autant plus lorsqu’elle descend d’un toit. 

Au préalable, la conception de ce type de jardin demande un peu de réflexion, et quelques calculs ! Et sa réalisation un peu de travail, ou beaucoup selon sa dimension et les caractéristiques de votre jardin !

Où installer un tel jardin ?

Il peut être installé où bon vous semble, que votre jardin soit en pente, que vous ne disposiez que d’une cour ou que vous bénéficiiez d’un grand jardin plat.

Il vous faut cependant, à défaut d’une déclivité existante, la créer, et ce si possible à proximité du bac de récupération ou bien d’une voie d’écoulement naturel.

Veillez à ne pas l’installer trop près de votre habitation, une distance de 4 m au moins est nécessaire pour éviter les infiltrations. Évitez également les zones où sont enterrés câbles ou canalisations. Éloignez-vous aussi des arbres, dont les racines pourraient nuire au bon fonctionnement du jardin.

Il ne faut pas non plus installer ce jardin trop loin de l’habitation afin de bien pouvoir récupérer l’eau de votre toiture.

La conception

Ce jardin est composé d’une légère dépression comblée par un mélange drainant.

La profondeur de la cuvette va être importante pour l’efficacité de votre jardin d’eau. Elle va dépendre notamment des capacités d’infiltration du terrain : de 8 cm pour un sol argileux, peu drainant, à 15 cm pour un sol sableux, très drainant.

La surface du bassin est calculée à partir de différentes mesures :

  • La surface de captage (en m2) : elle comprend le toit et tout l’espace qu’il peut y avoir entre la gouttière ou le récupérateur et le bassin.

  • Les quantités locales moyennes de pluie par 24 h (prenez la mesure haute, voire, c’est plus prudent, la quantité maximum reçue en 24 h).

  • La vitesse d’absorption de l’eau par le sol en 24 h : si vous versez 20 mm d’eau (0,020 m) dans le trou et qu’elle est absorbée en 1 heure, la vitesse d’absorption est de 0,020 X 24 = 0,48 m.

Multipliez tout d’abord la surface de captage, par exemple 100 m2, par la quantité de pluie par 24 h, par exemple 18 mm par 24 h : 100 X 0,02 = 2 m3 d’eau en 24 h. C’est-à-dire que la zone de récupération d’eau, et donc le bassin, peut recevoir jusqu’à 2 m3 d’eau en 24 h.

Pour obtenir la surface optimale de votre jardin de pluie, il ne vous reste qu’à diviser cette quantité d’eau par la capacité d’absorption : 2,3 X 0,48 = 4,79 m2.

Sa forme est plutôt longiligne, 1,5 à 2 fois plus longue que large, et il doit être perpendiculaire à l’écoulement. Ce sont par contre vos goûts qui dicteront sa forme en elle-même !

Comment créer un jardin de pluie ?

Il est recommandé de construire autour du bassin une butte de 15 à 20 cm de haut qui évitera les débordements. elle pourra être recouverte d’un matériau organique drainant et esthétique comme un broyat de bois. Vous utiliserez pour la créer la terre que vous avez ôtée du bassin.

La réalisation

Il vous faudra vérifier que votre sol à l’endroit choisi absorbe correctement l’eau, car celle-ci ne doit pas stagner plus de 48 heures. Creusez tout simplement un trou que vous remplirez d’eau puis observez.

Si le terrain n’est pas assez drainant, par exemple s’il s’agit d’un sol argileux, il va falloir le travailler pour qu’il le devienne. Pour ce faire, ôtez environ 20 cm de terre puis ameublissez, ajoutez des matières drainantes (sable, gravier) et recommencez le test. S’il n’est toujours pas concluant, vous pouvez toujours utiliser un drain perforé. Vous remplirez ensuite la cuvette créée avec du sable, de la terre, du compost, éventuellement des roches, et des plantes.

Pour en savoir plus, lisez nos conseil sur comment améliorer un sol argileux, ou encore comment jardiner en terre argileuse.

Quelles plantes installer ?

  • Les plantes idéales pour les sols frais à humides sont les iris des marais, la prêle, la reine de prés, la menthe aquatique, les soucis d’eau, les fougères, les roseaux. Pour les zones inondables, tournez-vous vers les carex, les saules, les frênes ou encore les cyprès chauves.

  • Préférez cependant les plantes locales que des plantes importées, qui s’adapteront moins facilement au terrain et au climat et qui demanderont donc plus d’entretien.

  • Veillez à choisir des plantes adaptées à l’exposition du bassin : plantes d’ombre, de mi-ombre ou de soleil.

  • Pensez à varier les plantes de façon à ce que le jardin ait un bel aspect en toute saison.

Retrouvez toutes nos plantes aquatiques et de berge au catalogue

 

Il vous faudra peut-être au début arroser les plantes installées pour qu’elles s’implantent correctement, et également désherber la zone. Par la suite, le système est normalement autonome.

Placez au point le plus bas du jardin des plantes qui peuvent avoir leurs racines dans l’eau pendant un certain temps, et des plantes moins assoiffées pour les contours du bassin.

Comment amener l’eau ?

L’eau de pluie peut être récupérée grâce à un récupérateur d’eau installé sous les gouttières, directement via les gouttières ou par des caniveaux dans une cour…

Comment créer un jardin de pluie ?
Comment créer un jardin de pluie ?

Pour amener l’eau jusqu’au bassin, vous pouvez au choix creuser une rigole ou installer une canalisation souterraine.

Comment évacuer le trop-plein ?

Lors de pluies très abondantes ou fréquentes, le jardin de pluie peut être saturé. Il faut donc pouvoir en évacuer le trop-plein faute de quoi vous risqueriez d’être inondé.

En amont du jardin, vous installerez un tuyau d’évacuation qui sera semi-enterré. Et pensez à la surverse : si vous avez réalisé une butte autour du bassin, vous laisserez une ouverture pour laisser l’eau en excès s’écouler.

Les précipitations se font certes plus rares mais aussi plus violentes dans bon nombre de régions. Et elles peuvent faire des dégâts considérables… Limiter au maximum le ruissellement des eaux de pluie a de ce fait une grande utilité, et ce autant en ville qu’à la campagne. Le jardin de pluie est un bon moyen de limiter inondations et érosions dues aux violentes averses. Et pour ne rien gâcher, il apporte un nouvel attrait esthétique et la sérénité des jardins d’eau.

Tag(s) : #Jardinage, #Environnement

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