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Rencontre avec deux médaillés de la Résistance française

Alors que les médaillés de la Résistance disparaissent inévitablement, il apparaît primordial de préserver leurs récits, leurs souvenirs, leurs émotions, leurs visages qui sont autant de sources pour comprendre l’histoire.

Dans ce cadre, Agnès Dumoulin, responsable du service des publics du musée de l’Ordre de la Libération accompagnée de Lionel Boucher, secrétaire de la Commission nationale de la médaille de la Résistance française, ont rencontré deux médaillés de la Résistance française. 

Philippe Bernard, médaillé de la Résistance

https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/styles/edito_texte_image_two_colo/public/media/images/kkjg.jpg?h=af63edf3&itok=2506YTDLPhilippe Bernard et Agnès Dumoulin, responsable du service des publics à l'Ordre de la Libération© Ordre de la Libération

Philippe Bernard est né le 21 janvier 1923 à Paris XVIe. D’une fratrie de quatre garçons, son père, chirurgien, est mobilisé en 1939 et prend la tête d’une ambulance chirurgicale près de Metz à Thiaucourt.

Après avoir fui l’avancée allemande pour se réfugier dans les maisons familiales à Pessac (33) et Crocy (14), il revient vivre à Paris où il poursuit ses études à Sciences Po et obtient en 1943 sa licence ès lettres.

Décidé d’agir, il est introduit en mars 1943 par son ami François d’Humières, sous les ordres de d’Argenlieu, le neveu de l’amiral, dans un groupe de préparation militaire au sein de l’OCMJ. Il reçoit des cours de sabotage et des entrainements aux combats. 

« On nous emmena deux ou trois fois pour un entraînement, en particulier dans la forêt de Saint Germain. C'était un entraînement qui n'avait rien à voir avec ce que nous pouvions avoir à faire. Il avait une grosse crécelle qu'il faisait tourner et imitait le bruit d'une mitrailleuse. Nous devions avancer en rampant sans relever les fesses. C'était nous préparer à la guerre de 14-18, de façon néanmoins risquée car nous étions à 3 km du camp des Loges où se trouvait un établissement militaire allemand, et la crécelle s'entendait bien. Je compris néanmoins au maquis combien n'importe quelle préparation était importante. »

En décembre 1943, il participe à la création du journal ESSOR et occupe le poste de secrétaire de rédaction. A la suite d’arrestations, il est nommé rédacteur en chef.

En juin 1944, il est chargé d’organiser la participation d’Essor au maquis de la Ferté-Saint-Aubin (Loiret).Juste après le massacre du 10 juin, il rejoint aussitôt le maquis de la Creuse. Il est affecté comme chef de groupe et aide à la constitution de la compagnie Daniel. Après avoir participé à la libération de la Creuse, il demande sa mutation pour rejoindre l’OCMJ à Paris.

Souhaitant continuer les combats, il intègre le 14 décembre 1944 le 3e bataillon des Commandos de France, unité d’élite placée sous le commandement du chef d’escadron d’Astier de la Vigerie, venu d’Afrique du Nord après le débarquement en Provence avec le grade de sous-lieutenant. Le 31 janvier 1945, au cours de l’attaque de Durrenentzen (Haut-Rhin), à la tête de sa section, il est blessé au bras gauche par une balle explosive. Après plusieurs opérations chirurgicales et une période de convalescence, il est réformé définitivement à compter du 21 janvier 1947.

Philippe Bernard a reçu la médaille de la Résistance française par décret du 23 octobre 1945.

 

MRF

Jean Mattei, médaillé de la Résistance

https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/styles/edito_texte_image_two_colo/public/media/images/hhh.jpg?h=90161531&itok=grUKVfpj© Ordre de la Libération

Jean Mattei est né le 21 septembre 1920 à Felletin (Creuse). Souhaitant intégrer l’Ecole polytechnique, il étudie au lycée Michel Montaigne de Bordeaux en classe de mathématiques spéciales au moment de la déclaration de guerre en septembre 1939.

Anti allemand et pro anglais, il s’intéresse à la stratégie militaire, se sachant mobilisable. Grâce à son oncle qui travaille au sein du gouvernement replié à Bordeaux, il est très informé des évènements et des décisions politiques.

Entendant l’appel du général de Gaulle le 18 juin 1940, il comprend qu’il faut continuer la lutte et décide de rejoindre Bayonne pour se rendre en Angleterre. Manquant le dernier bateau, il tente alors de passer par l’Espagne mais là aussi, c’est un échec.

Après une année passée à Marseille pour tenter de rejoindre l’Algérie tout en poursuivant sa deuxième année de mathématiques spéciales, il rejoint Paris et s’inscrit à la fac pour préparer une licence de physique. Pour pallier ses besoins, il trouve un travail d’abord à la soufflerie de St Cyr puis au laboratoire de l’Ecole normale supérieure de Paris.

Grâce à deux bons amis, il entre dès fin 1942 au Front patriotique de la jeunesse (FJP) et devient responsable de l’organisation de groupes de choc pour le XIVème et XVème arrondissement, éditant et diffusant de nombreux tracts, attaquant les systèmes de signalisation allemande. En 1944 il prend la tête de la lutte armée pour la région 2 des Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP).

Mai 1944, il est muté avec le grade de capitaine pour prendre le commandement d’une compagnie de Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de la région 5. Sa mission consiste à saboter le réseau téléphonique allemand sur tout son secteur, ralentir les convois allemands et attaquer les camions isolés pour récupérer du matériel de guerre, permettant ainsi de faciliter l’avancée des troupes alliées, notamment l’entrée sur Paris des troupes du général Leclerc.

Pour ses faits, il reçoit la médaille de la Résistance française par décret du 31 mars 1947.

Après-guerre, Jean Mattei fera une brillante carrière à EDF. Il vient de fêter le 21 septembre dernier ses 100 ans.

 

 Présentation du thème du Concours national de la Résistance et de la Déportation

https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/styles/edito_texte_image_two_colo/public/media/images/DSC02038%20%28Small%29_0.JPG?h=042862af&itok=M2ohBTjc© Musée de l'Ordre de la Libération

Le 7 octobre 2020, l’académie de Paris a organisé au musée de l’Ordre de la Libération, en présence de l’inspecteur général Tristan Lecoq et de l’inspecteur académique Rachid Azzouz ainsi que de Vladimir Trouplin, directeur scientifique du l'Ordre de la Libération, une formation pédagogique sur le thème 2020-2021 du concours national de la Résistance et de la Déportation. « 1940. Entrer en Résistance. Comprendre, refuser, résister ». Cette séance s’adressait aux enseignants qui souhaitent présenter des élèves au CNRD ainsi qu’aux enseignants d’histoire-géographie de troisième mais aussi de lycée en charge de l’enseignement de l’histoire en classe de terminale. Les enseignants ont pu dans ce cadre visiter l’exposition "1940 ! Paroles de rebelles"…

 

Pour en savoir plus 

Concours "Bulles de mémoire" de l'ONACVG

https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/styles/edito_texte_image_two_colo/public/media/images/Bulle%201.PNG?h=b60dea89&itok=UGeu-yMP© Musée de l'Ordre de la Libération

L’Ordre de la Libération est partenaire depuis plusieurs années du concours de bandes dessinées « Bulles de Mémoire » de l’ONACVG qui s’adresse aux collégiens et lycéens. Le thème de cette session 2019-2020 était « S’engager pour la République ».

Les lauréats du prix spécial « Ordre de la Libération » sont les élèves de troisième de Mme Hamon, Rouen (Normandie), pour la bande dessinée "Le soldat méconnu", très bel hommage à Mamadou H

Tag(s) : #La Resistance et les Villes Médaillées, #Guerres, #Je suis Charlie

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