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Charbon ou nucléaire ? Il faut maintenant choisir (Tribune)

 

C’est en ces termes que se pose désormais l’équation de la politique énergétique de notre pays avec une première indication donnée ces dernières semaines.

En effet, le gestionnaire du réseau électrique national n’a eu d’autres solutions que de demander de rallumer nos bonnes vieilles centrales au charbon dont la démolition est pourtant prévue en 2022.

En cause l’entretien de nombreux réacteurs du parc nucléaire pendant l’été, un anticyclone tenace sur le continent européen qui a mis en berne toutes les éoliennes faute de vent et, on ne le dira jamais assez, l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim, qui était pourtant en excellent état de marche et l’une des plus sûres du Parc.

Une politique incohérente

Pourtant, le Chef de l’État interrogé sur la transition écologique à l’occasion des inondations de St-Martin-Vésubie avait été très clair “Si on ferme des centrales nucléaires, on est obligé d’ouvrir aujourd’hui des centrales au charbon !…”. Une déclaration qui vient donc de se vérifier ces dernières semaines avec un peu d’avance sur le calendrier.

Dès lors, on peut s’interroger sur la logique de la décision de fermer Fessenheim, bientôt suivie de 12 autres réacteurs. Une décision qui n’a aucun sens, lourde de conséquences pour le climat, l’économie, la santé publique, l’emploi et sur notre indépendance énergétique, avec le risque prévisible de coupures de courant ce prochain hiver quand tout le continent européen sera en quête d’électricité.

En outre, l’arrêt de cette centrale par ailleurs rentable ne sera pas indolore pour les caisses de l’État qui sont vides comme chacun le sait. Il en coûtera en effet plus de 4 milliards d’euros selon un rapport parlementaire digne de confiance (1). Un coût considérable qui aurait pu être évité et profiter par exemple à la reconstruction de notre système de santé.

Sous l’œil critique de la Commission Européenne

Dans le même temps, la Commission Européenne veut obliger l’État français à démanteler le Groupe EDF, coupable d’un monopole de fait dans le nucléaire et l’hydraulique. Un patrimoine pourtant payé par les clients de l’entreprise publique.

Une complication qui s’ajoute dans un contexte complexe et qui exigera beaucoup de fermeté d’Emmanuel Macron à qui on prête l’intention de relancer la filière nucléaire française, la troisième derrière l’automobile et l’aéronautique, forte de ses 220 000 emplois.

Un avenir bien sombre

Cet hiver, le temps de la froidure venu et en cas de manque de vent, il ne nous restera plus qu’à importer une électricité produite ailleurs par des combustibles fossiles émetteurs de CO2 (gaz russe ou charbon allemand), ou continuer à faire fonctionner nos centrales au charbon.

Dommage pour la planète, dommage pour les finances de l’État, dommage pour nos factures !…

 

Tag(s) : #Environnement, #Energie

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