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  • Depuis la rue Marcel Loubens, on peut lire, gravé dans le marbre du monument aux Morts de Mazères, le nom de Marius Prévot.
    Depuis la rue Marcel Loubens, on peut lire, gravé dans le marbre du monument aux Morts de Mazères, le nom de Marius Prévot. PhotoDDM.ZG.
  • Marius Prévot, 20 ans en 1914Marius Prévot, 20 ans en 1914
    Marius Prévot, 20 ans en 1914 (photoDR)
Publié le  , mis à jour 

11 novembre: une date où chaque année les communes honorent les morts de la Grande Guerre par des dépôts de gerbe sur les monuments qui leur sont dédiés. Au-delà du discours rituel du Ministre lu par les élus, c’est la liste des soldats qui ne sont pas revenus au pays qui compose une lugubre litanie.

 

Car tous les soldats morts ne sont pas enterrés dans leur commune d’appartenance. Loin de là. La guerre finie, les familles souhaitaient rapatrier les corps de leurs enfants. Un tiers environ d’entre eux seront de retour dès 1920.

A Mazères sur Salat, comme dans la majorité des communes, beaucoup ne sont pas revenus. Parmi eux Marius Prévot. Lorsqu’on lit la fiche d’état civil de Marius Prevot, il est noté qu’il s’est engagé volontairement le 26 juin 1913, au 83e régiment d’infanterie de Saint-Gaudens. Il avait 19 ans et occupait la profession de papetier, certainement à l’usine Lacroix.

 

Au début de l’année 1913, des rumeurs font état d’un projet d’augmentation de l’armée allemande de près de 120 000 hommes, portant l’effectif global de son armée active à 850 000 hommes. Du côté français, malgré des mesures favorisant les rengagements volontaires, l’armée active ne compte que 520 000 hommes environ. Du fait de la baisse de la natalité, le contingent incorporé chaque année diminue, alors même que l’État-major général dirigé depuis 1911 par le général Joffre, juge insuffisant l’effectif de l’armée d’active. Le Conseil Supérieur de la Guerre se réuni le 4 mars 1913, À l’unanimité, il s’est prononcé en faveur du service de trois ans, strictement et rigoureusement égal pour tous, sans aucune dispense.

Marius Prévot se porte volontaire. Il fera partie de la mobilisation du 1er août 1914. L’armée française d’active disposera de près de 740 000 hommes, au lieu de 520 000 l’année précédente. Mais sur les trois classes sous les drapeaux en ce début de conflit, une seule a entamé sa deuxième année de formation, les deux autres viennent à peine de terminer leur première année. L’armée allemande attaque massivement sur un front beaucoup plus large que celui prévu par le plan XVII du général Joffre, et avec ses réserves, contrairement aux prévisions de l’État-major.

La contre-attaque française en Lorraine et en Alsace est un échec cuisant. A l’issue de 4 années de combats, 1 383 000 Français perdirent la vie – dont plus de 300 000 dans les seuls derniers mois de l’année 1914.

Marius tombe le 22 août 1914, loin de chez lui, en Belgique: "Le soir du 22 août, le gros des troupes françaises quitte Jéhonville et se retire vers Offagne. Quelques groupes isolés se sont dissimulés dans les bosquets et partent le 23 à l’aube. Quelques coups de feu crépitent au cours de cette retraite de la part de ces groupes de soldats français, restés dans le bois de Géronday, entre Sart et Framont. Pendant la bataille, 3 obus allemands, tirés du bois de Luchy, tombent à Acremont. Parmi les 60 soldats français tombés au village de Jéhonville se trouve le deuxième classe Marius Prevot".

Jeanne Massé, 96 ans

Le père de Marius Prévot recevra le 17 août 1916 "et à titre de secours immédiat la somme de cent cinquante francs."

Ces informations ont pu être obtenues grâce aux recherches effectuées par un groupe de passionnés dirigé par Michel Body et son site en Belgique 1914-18.be/

Des recherches qu’avait demandé Jeanne Massé suite à un article paru dans nos colonnes (édition du 7/01/2018) et relatant la découverte de deux tombes de soldats originaires de Rouède.

Jeanne (96 ans à ce jour) écrit: "Me serait-il possible de dire un jour sur la tombe de ses parents (à Mazères) que leur fils dort bien près de ses frères d’armes et qu’il n’est pas comme disait sa mère "tout seul comme un chien"?

Entre la date de sa mort et les dernières informations publiées par le Consulat de France à Bruxelles en 2015, les dépouilles des soldats français, comme celles des Allemands, tombés au début de la guerre ont été à maintes reprises transférées. Il reste aujourd’hui 11 cimetières militaires en province de Luxembourg, dont celui d’Anloy-Bruyères.

En 2000 une statue vient décorer ce cimetière, elle est dédiée à la mémoire des soldats français du Sud Ouest tombés en Ardenne le 22 août 1914. Il y a de fortes présomptions pour que le soldat mazérien s’y trouve également.

Marius Prévot n’est pas "tout seul comme un chien" mais avec ses compagnons d’armes tués ce jour là.

Z.G.
Tag(s) : #Mazères sur Salat, #Comminges, #Guerres

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