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Disparition des passereaux dans nos communes
Les Niouzes de SAINT-GIRONS

Publié le 18 Avril 2021, 07:24am

Catégories : #Ariège, #Animations, #Couserans, #Arts, #ours

Plusieurs habitants d'un quartier de Saint-Girons, en Ariège, constatent une baisse notable de la présence de certains oiseaux ces dernières années, notamment des mésanges, des rouges-gorges et des bergeronnettes. Ils tentent de comprendre pourquoi.

Certains habitants du quartier d’Aulot de Saint-Girons constatent que, depuis deux ans, les oiseaux sont de plus en plus rares et ne fréquentent pas, même en hiver, les mangeoires installées dans les jardins. Peu de mésanges à longue queue, de rouges-gorges solitaires au chant si mélodieux, de verdiers trapus, de grises bergeronnettes, de rouges-queues qui nichaient il n’y a pas si longtemps encore dans les trous des murs.

 

Par contre, les moineaux sont toujours là ainsi que les tourterelles et les merles de plus en plus nombreux. Les pies ont proliféré comme les corbeaux, auxquels Roger donne parfois une carcasse de poulet. Au bord du Salat, il voyait aussi des martins-pêcheurs aux longs becs qui ont laissé la place aux cormorans, les mal aimés des pisciculteurs et des pêcheurs car ils sont de grands prédateurs de poissons. Les mouettes et les hérons sont très présents. La mangeoire d’Eric, qui habite ce même quartier depuis trois ans, attirait autrefois les mésanges et un rouge-gorge. Cette année, ce sont les pies et les tourterelles qui fréquentent son jardin.

La biodiversité bouleversée

Éric et Roger avancent quelques hypothèses pour expliquer la disparition de certains oiseaux. Éric pense que les pies très nombreuses font des ravages dans les nids des passereaux. Pour Roger, les pesticides qui détruisent beaucoup d’insectes brisent la chaîne alimentaire et sont peut-être la cause de la disparition des passereaux.

Jean-Louis Orengo est un grand observateur de la nature. Son credo : transmettre des connaissances sur la faune, l’archéologie et l’ichnologie en s’amusant. Dans son parc à thème "Au pays des traces" à Saint-Lizier, il a constaté la baisse du nombre de passereaux. "Nous avons planté des haies pour maintenir l’écosystème mais j’ai tendance à croire que plus on emploie des produits de traitement, plus la nature est fragile et la chaîne alimentaire perturbée. Beaucoup de zones humides ont disparu donc les insectes sont plus rares et ensuite les passereaux. La pollution lumineuse due à l’urbanisation est un autre élément perturbateur. Les raisons de la rareté de certaines espèces de petits oiseaux sont multiples."

«Il ne faut nourrir les oiseaux que par temps de grands froids»

Pour Julien Vergne, médiateur scientifique au conservatoire d’espaces naturels de l’Ariège. Le phénomène constaté par certains habitants du quartier d’Aulot n’est pas le reflet de la réalité et, rajoute-t-il : « Nous sommes au printemps, les rouges-gorges qui sont insectivores et d’autres passereaux ne vont plus sur les mangeoires parce qu’ils n’ont pas besoin de graines. »

Mais, comment expliquer leur absence cet hiver ?

Il peut y avoir en un lieu des variations d’une année à l’autre et localement sur un plan plus large on n’enregistre pas ce phénomène de disparition. Les observations demandent des protocoles très précis. Au niveau du comptage que nous faisons sur le département nous ne constatons pas pour les rouges-gorges ou les mésanges une baisse de la population car ce sont des espèces qui s’adaptent aux divers changements.

Faut-il continuer à nourrir les oiseaux ?

Il ne faut nourrir les oiseaux que par temps de grands froids car sinon, on crée des déséquilibres. Donner des graines favorise les gros granivores comme les merles, les geais, les tourterelles, les pigeons au détriment d’autres espèces plus petites. C’est le phénomène que l’on constate le plus fréquemment. 

A.A.
Tag(s) : #Environnement
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