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Vous avez évidemment remarqué sur l'intitulé de mon site cette phrase en exergue:  "Ce ne sont pas les publications mais les faits qui parlent" (Felix Kersten. Le dernier des Justes)

Phrase effectivement tirée du livre écrit par Arno Kersten, fils de Félix Kersten.

Un livre, vous le savez, a toujours plusieurs lectures possibles. Il y a l'histoire captivante ou pas, avec une intrigue ou pas, et puis il y a une deuxième histoire qui est plus dans le ressenti de chaque lecteur.

Qui était Félix Kersten?

Joseph Kessel, qui a écrit également un livre sur cet homme exceptionnel "Les Mains du miracle" raconte: "il s'est trouvé un homme qui durant les années de 1940 à 1945, semaine par semaine, mois par mois, a su arracher des victimes au bourreau insensible et fanatique. Cet homme a obtenu de Himmler le tout-puissant, de Himmler l'impitoyable, que des populations entières échappent à l'épouvante de la disparition. Il a empêché que des fours crématoires reçoivent toute la ration de cadavres qui leur était promise. Et seul, désarmé, à demi captif, cet homme a forcé Himmler à ruser, à tricher avec Adolf Hitler, à duper son maître, à trahir son Dieu."

J'ai lu les deux livres, celui de Joseph Kessel et celui de Arno Kersten. Il faut lire les deux, mais celui écrit par son fils est plus authentique. Ce n'est pas un roman. C'est la retranscription des écrits de son père sur cette période ou il a presque quotidiennement côtoyé Himmler. Pourquoi? Parce que Félix Kersten était médecin, le seul médecin qui arrivait à soulager Himmler de ses douleurs.

Félix Kersten - Le dernier des Justes

Début du récit:

Stockholm, 12 août 1955:

Félix Kersten écrit: "lorsque j'ai rencontré Himmler pour la première fois en 1939, je me suis trouvé en face d'un homme dont les apparences ne correspondaient pas du tout à l'image de la personne à laquelle je m'attendais. Celle du Reichsführer, le tout puissant chef de la Police Secrète  (...) 

Je l'ai trouvé en très mauvaise santé et en petites conditions physiques. (...)

A suivre dans votre lecture...

A la fin de la guerre, il a été très compliqué à Félix Kersten de faire connaitre toutes ses actions pour sauver des juifs mais aussi des français, des belges, hollandais, suédois, etc... Le comte Folke Bernadotte, cousin de la famille royale suédoise voulait s'attribuer tous les mérites des actions de libération de prisonniers accomplies grâce à Félix Kersten. Il y arriva, soutenu par la famille royale. Il fallut attendre bien des années pour que les actions de Félix Kersten soient reconnues: en août 1950 le prince Bernhard des Pays-Bas l'éleva au grade de Grand Officier de l'Ordre d'Orange-Nassau, la plus haute distinction du pays.

La Suède traînait des pieds: ce n'est que le 30 octobre 1953, sept ans après sa première demande de naturalisation, qu'il obtint la nationalité suédoise. Il reçut des distinctions de la Suisse et de la Finlande peu avant de décéder. Il décédera le 16 avril 1960 d'un infarctus. Il était en route pour Paris ou le général de Gaulle devait lui remettre la légion d'Honneur pour ses innombrables exploits et pour avoir sauvé tant de vies françaises.

Curieusement, lui qui avait sauvé tant de juifs, ne connaîtra pas de reconnaissance de l'état Hébreu. Il fallut attendre le 2 août 1988 pour que celui-ci envoie une lettre à sa veuve, reconnaissant officiellement la contribution de Félix Kersten dans le sauvetage des juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Et comme il finit toujours par y avoir une justice, celle des hommes ou celle de Dieu , quel que soit le nom qu'on lui donne ... et selon l'adage que "bien mal acquis ne profite jamais!", le comte Bernadotte paya très cher l'usurpation des faits accomplis par Félix Kersten. "Sans le mythe glorieux qu'il avait réussi à construire autour de sa personne," écrira Arno Kersten, "jamais les Nations Unies ne l'auraient nommé médiateur en Palestine dans le premier conflit entre la toute jeune nation d'Israël et le monde arabe. Il n'aurait sans doute pas été la victime d'un attentat dans lequel il est décédé en Palestine, en 1948."

Pour celles et ceux qui voudraient se procurer ce livre, c'est assez compliqué. Il y a deux ans j'avais pu en obtenir un exemplaire par l’intermédiaire d'une plate-forme bien connue. A l'époque il en restait deux et j'avais dû le payer dans les 30€. Un membre de ma famille l'a emporté pour le lire. Et il n'est pas revenu! et donc j'ai essayé d'en trouver un autre.... encore bien plus cher. Aujourd'hui il est pratiquement introuvable ou à des prix exorbitants, deux à 69€ et un à 194€.

Alors lisez l'excellent livre de Joseph Kessel, beaucoup plus abordable en livre de poche: "les mains du miracle" chez Folio.

Tag(s) : #Littérature, #Guerres
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