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Infrastructure de recharge de véhicules électriques : premier bilan sur la qualité du réseau public

Article signé Auguste Simonin, consultant chez Wavestone et rédacteur sur le blog energyStream.

La mobilité électrique est actuellement en plein essor : le nombre de véhicules électriques augmente considérablement et les bornes de recharge se développent sur l’ensemble du territoire. Le Gouvernement a d’ailleurs annoncé un objectif de 100.000 bornes accessibles sur le réseau public d’ici la fin de l’année 2021.

Pour lever les derniers freins au développement de masse du véhicule électrique et suivre cette densification des infrastructures de recharge, il est nécessaire que la recharge soit simple, accessible[1], et que le service apporté tende vers l’irréprochabilité.

Cette qualité de service ne donc pas être abandonnée au profit de la quantité des bornes, comme nous l’avons expliqué dans cette publication sur la conciliation entre qualité de service et densification du maillage des bornes.

Par souci de transparence auprès des utilisateurs et afin de suivre l’état du réseau d’IRVE à l’aide d’indicateurs chiffrés, L’AFIREV[2]  (Association Française pour l’Itinérance de la recharge électrique des Véhicules) a réalisé un état des lieux de cette qualité de service et a publié les premiers résultats de son Observatoire de la qualité, accompagnés de quelques recommandations.

La qualité : une nécessité pour le déploiement du véhicule électrique

La recharge d’un véhicule électrique est déjà souvent complexifiée par la difficulté de trouver une station sur son itinéraire. Cela nécessite une anticipation des arrêts, contrairement au thermique qui connait un maillage dense de stations-services notamment sur les grands axes. Mais les utilisateurs craignent aussi que les bornes électriques de ces stations ne soient pas opérationnelles.

Ainsi, bien qu’environ 80% des utilisateurs des réseaux de recharge publics soient satisfaits de la qualité des infrastructures, de nombreux conducteurs rencontrent des difficultés sur leur trajet : 85% des personnes interrogées ont expérimenté au moins une fois une borne non fonctionnelle lors des 6 derniers mois. D’après la plateforme d’interopérabilité Gireve[3] , sur les 22 000 points de charge enregistrés sur sa plateforme, soit 70% des points de charge ouverts au public en France[4] , en moyenne 25% ne sont pas disponibles 99% du temps et 9% sont hors service plus de 7 jours consécutifs[5] .

Si cette qualité de service ne s’améliore pas et n’accompagne pas le développement du nombre de recharge, beaucoup d’utilisateurs potentiels risquent de ne pas franchir le pas vers la mobilité électrique.

Pour cela, l’AFIREV a proposé deux grands axes d’amélioration : améliorer l’information et la cohérence des informations à l’utilisateur mais aussi améliorer la disponibilité des infrastructures de recharge.

Réseau

Améliorer la qualité et la cohérence de l’information

La qualité de service passe aussi par la compréhension de son fonctionnement. Il faut apporter pour cela de l’information à l’utilisateur en amont et pendant sa charge. En amont, des plateformes comme Chargemap[6]  communiquent des informations telles que la disponibilité des bornes et leurs caractéristiques. Mais ces plateformes restent encore basées sur la collaboration des utilisateurs et s’avèrent souvent incomplètes.

Les opérateurs et concessionnaires travaillent également sur la signalétique et le balisage, qui facilite le repérage des bornes et la transmission d’informations. Pour la communication durant la recharge, certains opérateurs détaillent le processus de charge pour notamment inciter leurs clients à ne pas recharger leur véhicule jusqu’à 100%[7] . Une autre solution consiste à afficher la puissance délivrée en continu sur la borne.

Pour garantir la qualité sur tout le parcours client, les acteurs de la recharge doivent également assurer un contact opérationnel avec leurs utilisateurs en cas de soucis. Ces derniers ne savent cependant pas vers qui se tourner en fonction de leurs difficultés ou questions, à cause de la multiplicité d’acteurs : eMSP, CPO, propriétaire de la borne, fournisseur, concessionnaire/sous-concessionnaire ou bien constructeur du véhicule.

Réseau

Pour plus de simplicité, il convient donc d’afficher clairement qui contacter sur la borne avec un numéro et les horaires auxquels le service d’assistance est accessible. Certains proposent aussi d’être contactés par mails, applications ou même via les réseaux sociaux. Beaucoup d’acteurs proposent ainsi un service client par téléphone 7j/7, 24h/24. Ces acteurs se chargent de contacter les services supports qui correspondront au problème de l’utilisateur.

Améliorer la disponibilité des bornes

Actuellement, selon les premiers résultats de l’Observatoire de l’AFIREV, sur 600 000 sessions étudiées, environ 75% des recharges sont considérées comme réussies (D’après l’AFIREV, « une session de charge réussie est une session de charge conforme aux critères définis dans la charte qualité de l’AFIREV soit ayant duré plus de 2 minutes ou ayant fourni une énergie supérieure à 200 Wh.

Une session de charge est une transaction qui présente un statut OCPP « Start ». Cet indicateur est calculé à la maille régionale pour chaque opérateur d’infrastructures de recharge. »). L’association propose de fixer comme objectif un taux de réussite là 90%, en ciblant tout d’abord les infrastructures les moins performantes. La finalité à terme est d’atteindre le taux de réussite d’une « recharge » d’essence.

Pour cela, les bornes doivent tout d’abord être réalisées avec du matériel de qualité et doivent être installées par des fournisseurs certifiés(via des organismes comme l’AFNOR[8]  ou Qualifelec[9] ).

Il convient également d’assurer une maintenance avec des entretiens réguliers, afin d’anticiper les problèmes techniques, plutôt que les corriger a posteriori et laisser les utilisateurs les subir. Par obligation légale, les bornes doivent être inspectées au moins une fois par an[10] . La maintenance est cependant délicate car les bornes sont constituées d’un ensemble de composants électromécaniques et de logicielles complexes.

Afin d’optimiser cette maintenance et d’avoir recours à la prévention, de nombreux opérateurs investissent dans la supervision à distance.

 

Garantir le bon fonctionnement des infrastructures n’est pas toujours évident, notamment en sous-terrain ou dans des zones blanches, qui rendent la communication avec la borne complexe. Il faut notamment s’assurer de la conservation et de la résilience des données pour ne pas perturber le parcours client en cas de perte de communication, ce qui peut être apporté via connexion filaire.

Enfin, améliorer la disponibilité passe aussi par la diminution de voitures ventouses par de la signalétique, de la communication, voire des sanctions.

Avec la densification des bornes, les acteurs de la recharge sont en train d’appuyer sur l’accélérateur pour abattre ses barrières et garantir un trajet sans obstacles et en toute transparence aux conducteurs de véhicule électrique. Cela engendre des coûts mais qui sont nécessaires pour assurer quantité et qualité de service. 2021 sera-t-elle l’année du passage à la cinquième ? On se charge de vous tenir au courant !

[1]  https://www.cre.fr/content/download/20044/256210

[2]  https://www.afirev.fr/

[3]  https://www.gireve.com/home

[4]  http://www.avere-france.org/Site/Article/?article_id=7966&from_espace_adherent=0

[5]  https://www.observatoire-recharge-afirev.fr/resultats/

[6]  https://fr.chargemap.com/

[7]  https://support.fastned.nl/hc/en-gb/articles/360007699174-Charging-with-a-Kia-Niro-EV

[8]  https://www.afnor.org/

[9]  https://www.qualifelec.fr/

[10]  https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000033860675

Tag(s) : #Environnement, #Energie
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