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Toitures et façades végétalisées, un poumon vert pour la ville - Batiweb
La végétalisation des toitures et façades répond parfaitement à différentes problématiques actuelles en lien avec le réchauffement climatique : gestion des eaux pluviales, lutte contre les îlots de chaleur, dépollution… Pour autant, le développement de ce marché passe avant tout par le respect des règles professionnelles alors que la logique de développement durable et de maintien de la biodiversité reste à la source des projets.

Si la toiture végétalisée existe depuis trente ans, elle a surtout séduit les pays germaniques. En France, le marché est estimé à environ 1,5 million de m² réalisés par an avec un fort développement entre 2007 et 2011 puis une stagnation depuis. Pour autant, les perspectives sont bonnes, reconnaît Sophie Rousset-Rouvière, déléguée générale de l’Adivet (Association des toitures et façades végétales) : « Le marché devrait évoluer positivement dans les prochaines années car aujourd’hui il existe des techniques bien maitrisées avec des règles professionnelles. De plus, les enjeux actuels y sont plutôt favorables. Nous avons déjà vu un réel frémissement l’année dernière avec un intérêt croissant pour ce genre de techniques. » Et les résultats des élections municipales 2020 avec une vague « verte » dans plusieurs grandes villes ont certainement joué un rôle. Les collectivités sont en effet souvent en première ligne sur ce marché de la végétalisation car elles sont confrontées à un véritable problème, la gestion des eaux pluviales. Végétaliser les toits est une réponse efficace à ce problème car cela va permettre de limiter le volume d’eau rejeté dans le circuit d’eau pluviale de la ville. Sophie Rousset-Rouvière y voit de vraies raisons d’espérer un développement du marché : « Les collectivités se tournent à nouveau vers ce genre de technique pour faire face aux problématiques liées à la gestion des eaux pluviales ou concernant les îlots de chaleur urbains. » Des constats sont faits chaque année autour des inondations provoquées par de forts orages renforcés par le réchauffement climatique. La gestion de l’eau de pluie est un vrai problème et il faut vraiment prendre en considération les toitures végétalisées.

Favoriser la biodiversité

C’est également une réponse à des envies, boostées depuis la Cop21, de redonner place à la biodiversité dans les villes. Le concept de « nature en ville » devient une réalité avec des objectifs non seulement de respect de l’environnement mais aussi de bien-être, les occupants d’espaces végétalisés avouent se sentir beaucoup mieux. Ceci explique qu’aujourd’hui la démarche est véritablement enclenchée en ce qui concerne les établissements de santé, les écoles, les crèches ou les EHPAD où la végétalisation des toitures est quasi systématique. Maintenant, de nouveaux marchés doivent s’ouvrir dans le secteur privé. Rappelons tout de même que la loi biodiversité de 2016 impose depuis le 1er mars 2017, pour les centres commerciaux de plus de 1000m², la végétalisation (et/ou la production d'énergies renouvelables) sur leurs toits. Pour Sophie Rousset-Rouvière : « la RE2020 doit permettre de dynamiser le marché, il faut toutefois regarder de plus près comment valoriser le puits carbone sur un bâti. On voit bien que nous sommes plutôt dans la bonne direction. L’Adivet travaille sur un référentiel permettant d’évaluer les services « écosystémiques » rendus par la végétalisation : la gestion des eaux, la lutte contre les îlots de chaleur urbains, la biodiversité et la santé/bien-être. »

Lycée Hôtelier de Caen (Crédit Vertical Flore) Végétaliser une façade permet d’agir sur le confort thermique du bâtiment mais aussi de jouer un rôle de dépollution tout en garantissant un aspect esthétique bluffant et unique

Le coût de la végétalisation reste un frein

De nombreux atouts à mettre au crédit de la végétalisation mais un frein existe encore très (trop ?) souvent : le coût. Ceci explique d’ailleurs les chiffres du marché, qui pourrait être deux à trois fois plus important car il n’est pas rare qu’un architecte intègre de la végétalisation à son projet mais quand il s’agit de faire des économies, la fait disparaître in fine. Sophie Rousset-Rouvière précise qu’il faut raisonner « de manière globale. La végétalisation protège l’étanchéité des UV et des écarts de température, ce qui va augmenter sensiblement sa durée de vie.  Le coût ne doit pas être un frein. Nous remarquons d’ailleurs qu’à Vienne (Autriche) où, dès 12m² de toitures plates, la végétalisation est obligatoire, il existe un système d’incitation financière selon l’épaisseur du substrat.»

Concernant les végétaux, le choix va se faire selon les objectifs à atteindre et par rapport à la hauteur du substrat mis en place. Il y a différents moyens de végétaliser une toiture sachant qu’il existe une problématique de poids ce qui explique l’utilisation d’un substrat de faible épaisseur et le plus léger possible (mélanges organo-minéraux utilisant par exemple de la roche volcanique). Le substrat est mis en œuvre sur une épaisseur qui peut varier de 4 à 30 cm (végétalisations extensives et semi-intensives), il faut donc des plantes spécifiques dont les exigences soient compatibles avec le milieu dans lequel elles vont évoluer.

Trois types de végétalisation pour les toitures

La végétalisation extensive : la hauteur du substrat est comprise entre 4 et 12 cm. C’est la technique la plus utilisée. On parle de tapis végétal à base de sedum mais aussi de vivaces à bulbe ou herbacées ainsi que de graminées. La notion d’entretien réduit y est prioritaire et les moyens de culture sont minimums mais en adéquation avec une liste restreinte de plantes compatibles. Les végétalisations extensives de toitures sont encadrées par les « Règles professionnelles pour les toitures et terrasses végétalisées », éditées par l’Adivet, la CSFE et l’Enveloppe métallique du bâtiment. Elles peuvent être réalisées sur support béton, acier et bois sur des pentes allant jusqu’à 20%.

Végétalisation semi-intensive :

La hauteur du substrat est comprise entre 12 et 30 cm. Les matériaux de culture sont dûment sélectionnés (des substrats spécifiques se substituent à la terre végétale, et la couche de drainage participe généralement aussi à la rétention en eau). Le choix des végétaux (plantes couvre-sol par exemple) et la conception d’ensemble s’orientent vers un entretien plus limité que dans la solution « traditionnelle ». La végétalisation semi-intensive est également encadrée par les règles professionnelles pour les toitures et terrasses végétalisées.

Végétalisation intensive, ou toiture-terrasse jardin « traditionnelle » :

La hauteur du substrat est supérieure à 30 cm. Elle transpose en toiture les éléments d’un jardin qui serait réalisé au sol (végétaux de grande taille, gazons, arbres). L’entretien est équivalent à ce que serait le même jardin au sol. Elle est encadrée par la norme NF P 84-204- (réf DTU 43.1). Elle ne peut être réalisée que sur support béton en pente inférieure à 5% pour des questions de support de charges.

Maisons Passives Axter X Drone (crédit Étienne Demester) Si la toiture végétalisée a d’abord séduit les collectivités locales, elle commence à intéresser bon nombre de particuliers équipés de toitures plates

La façade joue la carte esthétique

La végétalisation s’attaque aussi à la façade même si celle-ci reste plus confidentielle, environ 10 000 m² par an. Pour la façade, les atouts sont tout autre car elle ne va pas forcément être utile pour la gestion des eaux pluviales mais elle joue un rôle sur le plan thermique et contribue à la dépollution. Enfin, elle est fort appréciée par les architectes pour l’esthétisme qu’elle permet. Sophie Rousset-Rouvière explique : «  le marché est plus récent, nous avons une quinzaine d’années de recul avec des solutions techniques plus différenciées. L’Adivet accueille des acteurs disposant de techniques innovantes. Nous travaillons d’ailleurs sur l’édition de règles professionnelles sur le bardage rapporté végétalisé que nous aimerions pouvoir valider en 2022. » Outre le coût, l’entretien peut représenter un frein. Il doit en effet doit être rigoureux et demande une irrigation obligatoire et permanente.

Franck Guidicelli

Crédits photos :

Photo de Une : Villa Grimaud (crédit Optigreen)

Le toit végétal permet la reconstitution d’espaces naturels et écologiques favorables à la biodiversité. Il est devenu un atout incontournable dans l’architecture urbaine.

Lycée Hôtelier de Caen (Crédit Vertical Flore)

Végétaliser une façade permet d’agir sur le confort thermique du bâtiment mais aussi de jouer un rôle de dépollution tout en garantissant un aspect esthétique bluffant et unique.

Maisons Passives Axter X Drone (crédit Étienne Demester)

Si la toiture végétalisée a d’abord séduit les collectivités locales, elle commence à intéresser bon nombre de particuliers équipés de toitures plates.

 

Redacteur

Tag(s) : #Environnement, #Architecture
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