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  • Mohamed Guerbi devant la stèle dédiée aux harkis (photoDDM.ZG)
    Mohamed Guerbi devant la stèle dédiée aux harkis (photoDDM.ZG)
Publié le 

l'essentielCe sont entre 80 000 et 90 000 harkis qui sont arrivés en France entre 1962 et 1965, sur les 200 000 estimés. Mohamed Guerbi et sa famille en faisaient partie.

 

A 87 ans, Mohamed Guerbi coule des jours heureux à Salies du Salat. On le retrouve à la terrasse du café de la Paix, discutant des nouvelles du jour avec quelques amis. Ce qui le préoccupe actuellement c’est l’évolution du Covid, même si ni lui ni sa famille n’ont eu à le subir. Et pourtant tout n’a pas été rose dans sa vie, mais il ne veut plus en parler. "C’est fini tout ça, il faut tourner la page", dit-il lorsqu’on lui reparle de l’Algérie, de cette guerre que l’on appelait "les évènements d’Algérie."

Même si l’actualité en toile de fond montre les hordes de réfugiés, migrants de pays en guerre, tel l’Afghanistan avec ceux qui ont pu en partir et ceux qui y sont restés, Mohamed ne veut plus faire de commentaires. Cela ne veut pas dire qu’il ait oublié son passé.

En 1964, lorsque Mohamed Guerbi arrive à Salies du Salat, son parcours pour retrouver une dignité s’apparente à celui des migrants d’aujourd’hui. Parti d’Algérie le 19 novembre 1962 avec sa femme Zearda et ses 4 enfants, il arrive à Perpignan le 22 novembre. Il restera 2 ans à Rivesaltes, au camp Joffre, camp dans lequel transiteront à peu près 20 000 personnes entre 1962 et 1964. Une opportunité de travail lui est proposée auprès de l’entreprise Comminges Bâtiments, d’abord en Ariège et ensuite à Salies du Salat ou il travaillera jusqu’en 1994.

Etabli et apprécié dans le village, il reste le harki (Algérien recruté localement comme auxiliaire de l’armée française durant la guerre d’Algérie (1954-1962) autour duquel se déroulent les cérémonies d’hommage du 25 septembre.

Aux aides votées en 2018, au discours du président Macron demandant pardon "aux combattants abandonnés, à leurs familles qui ont subi les camps, la prison, le déni", il répond sereinement: "C’est bien que la France reconnaisse ses torts. Mais l’argent je l’ai gagné en travaillant depuis que je suis arrivé en France."

Tag(s) : #Algérie, #Guerres, #Je suis Charlie, #Salies du Salat, #Comminges, #Haute-Garonne
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