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Il est des matins ou on préférerait rester sous la couette, ne pas ouvrir le journal et tomber sur ces avis de décès, couperet définitif à toute une vie.

C'est comme ça que mercredi dernier avant de me rendre aux bureaux du Centre de Loisirs, j'ai appris que Jean-Paul était mort la veille dans un accident de voiture.

 

Jeanneta.jpgPhoto empruntée au net


Quelque part dans cet imaginaire comme ont les mômes, je pensais qu'il était indestructible. Imposant par sa taille, imposant par sa stature d'athlète.

Pour qui ne le connaissait pas, on aurait pu croire qu'il gardait une certaine distance avec les gens. Et quelque part c'était vrai... ! moi qui l'ai cotoyé pendant une vingtaine d'années, j'ai pu me rendre compte qu'il savait tenir à distance une certaine catégories de gens.


"Il est urgent d'attendre.." phrase que j'ai fait mienne et que je ressasse à mes collaborateurs, mes amis ou tous ceux qui pensent qu'il faut agir vite alors que rien ne presse.


En 1988, avec un groupe de parents de l'école de Cassagne (à côté de Salies du Salat), nous avons créé une association pour mettre en place et gérer des cantines scolaires au départ, et petit à petit des accueils de loisirs pour les enfants (centres aérés, devenus ensuite CLSH, puis ALSH, puis encore Accueil de Mineurs... avec le temps j'en ai oublié toutes les terminologies...)

Mais le but était le même: s'occuper des enfants et occuper les enfants avant et après l'école, pendant les vacances, le mercredi, etc...

Comment est arrivé Jean-Paul là-dedans? un jour il y avait une réunion de l'association. Comment l'avait'il appris?. Certainement bien sûr par les services de la Jeunesse et des Sports de Toulouse. Il est arrivé à la réunion et s'est  présenté en tant que conseiller technique sur le Comminges pour la JDSC03539eunesse et Sports.


Et là que dire? que s'il n'avait pas été là pour soutenir nos projets, pour aller plaider notre cause à Toulouse, ou pour m'aider à venir à bout de ces conflits récurrents avec les partenaires locaux.. cela aurait été 100 fois plus difficile. J'aurais peut-être baissé les bras, en tout cas je me serais épuisée et j'aurais dépensé inutilement pas mal d'énergie.


Jean-Paul ne parlait pas de lui, de ce qu'il avait fait, de ses exploits. Tout cela je ne l'ai appris que bien plus tard et pas par lui. Je savais qu'il faisait partie du club d'athlétisme de Saint-Girons, Je savais qu'il faisait passer les Brevets d'Etat.

Il regrettait beaucoup qu'il n'y ai pas plus de stades d'athlétisme, au moins quelques pistes autour des stades existants. Il  m'expliquait qu'avant tout sport, et  particulièrement le rugby, les échauffements procurés par les disciplines de l'athlétisme ne pouvaient qu'aider le corps à encaisser les efforts... enfin bon, il en parlait mieux que moi..

DSC03543

"Il est urgent d'attendre!" - Lorsque à chaque changement de gouvernement - et il y en a eu pas mal au cours de mes 25 années de présidence - nous croulions sous les nouvelles réformes, mettant au rebut les anciennes, coupant les vivres et ce sans se soucier des contrats de travail, d'objectifs, de conventions que l'on nous obligeait à signer en nous expliquant que celle-là était LA réforme Top du Top!! que celles d'avant c'était du pipi de chat..., Jean-Paul éclatait de rire en me disant: " il est urgent d'attendre! en 20 ans j'en ai connu des tas de réformes.. pas de précipitation.. attendons le contre-ordre avant de se jeter tête baissée.."

Mais quand cette réforme était la bonne, alors là il fallait foncer, et pour ça il ne ménageait pas ses efforts. Son caractère de sportif de haut niveau se retrouvait en ces moments là. Il ne supportait pas la médiocrité et ne ménageait pas ses critiques. Il n'y a pas si longtemps, lors du spectacle de Noël du centre de loisirs, ou il accompagnait ses petits enfants, il m'avait pris à partie au sujet de personnel qui l'avait mal accueilli: "tu peux leur dire que personne n'est obligé de travailler dans l'animation... si elles ne peuvent même pas avoir le sourire quand on vient chercher les gosses, faut faire un autre métier..." . Venant de quelqu'un d'autre, j'aurais peut-être mis un bémol à ces déclarations, venant de Jean-Paul, je me disais qu'il avait même pris des gants pour me parler!


DSC03515Toutes ces actions, tous ces projets que l'on a mis en place et qu'il défendait à Toulouse! Toulouse, la capitale, ou nous, ne pouvions aller, coincés dans notre ruralité. Des projets qui concernaient toutes les associations sportives locales: le foot, le rugby, le tennis, le basket, la gym, etc...DSC03558

 

Sur le canton de Salies, outre le centre de loisirs qui fonctionnait sur plusieurs communes, toutes les associations sportives et culturelles ont bénéficié de ces projets (PLAS, PLAC, ARVEJ.. ) jusqu'à ce qu'une autre réforme y mette fin..


Certains ne l'aimaient pas, car ce n'était pas un homme soumis! ceux qui voulaient le faire plier en étaient pour leurs frais.. mais il m'a appris aussi qu'on est pas sur cette terre pour faire plaisir aux gens, ou pour se faire aimer...

Il était à l'écoute, ne supportait pas l'injustice, les passe-droit. Avant tout, comme pour ses compétitions, il savait qu'il fallait aller de l'avant, ne pas s'attarder sur les échecs si ce n'est pour en tirer les enseignements afin de ne pas commettre à nouveau les mêmes erreurs.

 

Aujourd'hui  notre Association compte plus de 800 enfants de 3 à 17 ans. En 25 ans ce sont plus d'un millier de personnes, jeunes et moins jeunes, qui ont travaillé sur toutes les structures mises en place au cours des ans.

 

Jean-Paul a toujours été cette personne référente, dont, même après qu'il eut pris sa retraite, je continuais à citer la détermination, l'engagement. Et même si mes jeunes coordinateurs et animateurs pensent que je raconte toujours les mêmes histoires.. ils se sont bien aperçus, lors de sa dernière visite au centre, pas plus tard que ce lundi.. he oui... que c'était un grand bonhomme. Une fois de plus il s'est informé du devenir de toutes nos structures, demandant si nous n'avions pas de problèmes...

 

Oui Jean-Paul, si t'avais pas été là, tout aurait été beaucoup plus difficile.


Zoé Gauthier présidente de l'APEAI

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Article de la Dépêche

Publié le 30/08/2013 à 03:49, Mis à jour le 30/08/2013 à 08:54

hommage

En 1964, Jean-Paul Jeannet (à droite) termine troisième du 110 m haies au championnat de France./Photo DDM.

En 1964, Jean-Paul Jeannet (à droite) termine troisième du 110 m haies au championnat de France./Photo DDM.

Le monde sportif est en deuil. Jean-Paul Jeannet vient d’être victime d’un accident de la route, à l’âge de 71 ans. Enfant d’un couple d’instituteurs domiciliés à Prat-Bonrepaux, il avait découvert le sport au vieux collège de Saint-Girons. Avec le Club athlétique saint-gironnais, il obtient ses premiers records des Pyrénées et ses premières sélections. Devenu lycéen à Béziers, près de son oncle, il joue au rugby en 2e division à Pézenas puis rejoint le club d’athlétisme de Carcassonne. Il est alors champion de France par équipes dans ce club où les vedettes du moment sont les internationaux Jean-Pierre Boccardo, Eric Batista, Patrick Malrieu, André Quilis. Il sera sélectionné six fois en équipe de France A entre 1964 et 1966. En 1964, il est en tête de la finale des championnats de France quand son voisin de couloir fait une faute et le déséquilibre ; il finira troisième. Un de ses grands souvenirs a été sa participation aux championnats du monde universitaires, en 1965, à Budapest.

Après des études en éducation physique et l’obtention des diplômes d’entraîneur en athlétisme, il rejoint la section sport-études athlétisme de Font-Romeu, devenu un centre d’entraînement en altitude avant les Jeux Olympiques de Mexico de 1968. Il dirigera cette structure jusqu’au début des années «80» et aura comme élèves les Saint-Gironnais Jean-Luc Perez et Daniel Marty. «Il a été mon entraîneur durant trois années au sport-études à Font-Romeu. Il venait juste de mettre un terme à sa carrière sportive, mais il a repris la compétition avec moi et il s’est requalifié pour les championnats de France. Grâce à lui, j’ai été champion de France sur 110 m haies en ASSU-UNSS en 1971 et 1973, se souvient Daniel Marty. Il était très exigeant, parfois sévère, mais il était capable aussi de s’amuser tout en entraînant et après la compétition, il était le premier à faire la fête», ajoute-t-il.

Après sa carrière sportive et professionnelle, très attiré par la ruralité, il s’était installé à Betchat et avait continué des actions bénévoles en Ariège et à Saint-Girons, sans jamais s’imposer, toujours disponible, aimable et à l’écoute. Il était à l’occasion chronométreur, il avait participé aussi à la préparation physique des rugbymen du Sporting. Jean-Paul aimait rencontrer ses nombreux amis et leur consacrer du temps, avec toujours une parole amicale ou un bon mot. Sa finesse et ses histoires drôles étaient célèbres et tous ceux qui ont des souvenirs avec lui évoquent ces moments-là.

Il faudra faire sans lui maintenant, mais ses messages, son style, sa bonne humeur, sa bienveillance seront un modèle pour tous ceux qui sont dans le monde sportif.

La Dépêche du Midi

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