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Economie - Finances publiques

L e calcul des taux appliqués dans le prélèvement à la source s'appuie sur la déclaration de 2018 relative aux revenus de 2017./ Mathieu Fontaine
L e calcul des taux appliqués dans le prélèvement à la source s'appuie sur la déclaration de 2018 relative aux revenus de 2017./ Mathieu Fontaine

À l'approche du 1er janvier et de la mise en place de la retenue à la source de l'impôt sur le revenu, tous les cas de figure ne sont pas forcément réglés par l'administration. Pour les personnes âgées, ce sera compliqué…

Sur le papier, le prélèvement de l'impôt à la source est censé simplifier les choses pour les contribuables, qui n'auront plus à s'occuper de rien. Les entreprises prélevant directement et mensuellement l'argent sur la feuille de paye des salariés et les services fiscaux sur la pension des retraités. Le tout en temps réel sur les revenus effectivement perçus par les usagers dans l'année courante et non sur ceux de l'année précédente. Oui, mais voilà un décalage existera encore quand il s'agira de prendre en compte les changements de situation dans les foyers fiscaux, qui peuvent donner lieu à des crédits d'impôts. «Entre les aides à domicile, le paiement des maisons de retraite, les personnes âgées sont particulièrement concernées par ces remboursements, explique Robert Sarcos, retraité des finances publiques et syndiqué à la CGT. Or les taux de prélèvement et l'imposition retenus pour 2019 sont calculés sur la déclaration de 2018 relative aux revenus de 2017. On ne pourra pas prendre en compte les faits nouveaux et les charges supplémentaires éventuelles qui peuvent survenir entre-temps. Et des retraités pourraient se retrouver à payer bien plus qu'ils ne devraient en avançant carrément de l'argent à l'Etat sur leurs pensions». Un problème d'ajustement que tous les contribuables pourraient rencontrer autour des frais déductibles, dons ou emplois à domicile, ce que l'on appelle «les charges volatiles». Ici, le gouvernement a pourtant esquissé la parade : un crédit d'impôt qui sera versé au début de l'année aux foyers concernés. L'enveloppe devait correspondre initialement à 30 % des charges déclarées, elle sera finalement de 60 % et versée le 15 janvier. Les ajustements, trop-perçus ou remboursement se faisant en septembre. «Le souci avec ce système c'est qu'on pourra se retrouver avec des crédits d'impôt plus important que l'impôt lui-même, glisse Robert Sarcos. Et les services fiscaux pourraient être amenés à rembourser des sommes qu'on redemandera ensuite aux retraités. C'est absurde». Son autre inquiétude tient en l'accueil de plus en plus restreint des contribuables. «On nous dit qu'on pourra modifier notre situation fiscale entre le 2 et le 20 janvier, mais encore faut-il le savoir, poursuit le syndicaliste. Avec des perceptions fermées, un téléphone qui ne répond pas et des gens qui ne maîtrisent pas internet, ce sera de plus en plus difficile de se faire entendre». Des arguments qu'il a pu défendre devant le directeur régional des finances publiques, Hugues Perrin, qui a reçu une délégation de retraités. «On a eu confirmation que l'administration n'avait pas tout prévu, relève Robert Marcos. Ils vont être obligés de bidouiller»…

Gilles-R. Souillés

Tag(s) : #Société, #Economie, #Comminges, #Pyrénées, #Ariège

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