La cérémonie commémorative du 8 mai 1945 a revêtu cette année une dimension toute particulière à Marsoulas, marquée par une forte participation de la jeunesse européenne autour du devoir de mémoire.
Aux côtés des habitants, des élus, des membres du centre de secours de Salies-du-Salat, des gendarmes et des porte-drapeaux, 35 collégiens ont pris part aux différents temps de la cérémonie.
Les élèves de 3e du collège du Plantaurel de Cazères étaient accompagnés de jeunes Allemands du collège Sainte-Ursula d’Attendorn, près de Cologne, ainsi que d’une jeune Ukrainienne. Le groupe allemand était encadré par Mme Burkhardt, professeure d’anglais.
Cette rencontre s’inscrit dans un projet international porté par le dispositif e-Twinning, favorisant la coopération entre enseignants européens. "Nous travaillons sur le devoir de mémoire et sur sa transmission auprès des jeunes afin que les atrocités du passé ne se reproduisent jamais", explique Marie Fournès Kyrylyszyn, professeure d’anglais. "Dans ce cadre, les élèves ont notamment rencontré Léon Plassec, 93 ans, survivant du camp de Bergen-Belsen, et se sont rendus au camp d’Auschwitz, en Pologne."
Écrire la biographie de trois déportés
Le projet, également mené avec Nicolas Cervetti, Mmes Boyer et Même, conduit les élèves à effectuer des recherches avec leurs partenaires européens autour du Convoi 77. Leur objectif : écrire la biographie de trois déportés, dont deux femmes mortes à Auschwitz et un survivant.
Lors de cette journée de commémoration, les collégiens ont bénéficié des explications historiques de Jean-Pierre Blanc, maire honoraire de Marsoulas, délégué au souvenir, directeur régional de l’Association des Médaillés de la Résistance française et président des Croix de Guerre 31.
Les élèves ont ensuite participé à la cérémonie devant le monument aux Martyrs en proposant une lecture revisitée du célèbre poème de Paul Éluard, "Liberté, j’écris ton nom".
Moment particulièrement émouvant, les collégiens allemands ont offert à la commune un dessin réalisé collectivement ainsi qu’un texte de Max Mannheimer. Survivant de la Shoah disparu en 2016, celui-ci consacra sa vie à transmettre la mémoire des crimes nazis et à rappeler aux jeunes générations leur responsabilité dans la préservation de la paix : "Vous n’êtes pas responsables de ce qui s’est passé, mais vous êtes responsables de faire en sorte que cela ne se reproduise jamais."
La matinée s’est achevée autour d’un buffet convivial, avant un dernier moment de recueillement devant la fosse commune des 27 habitants du village assassinés le 10 juin 44.