Lorsqu’on parle de "réseaux", les réseaux sociaux viennent immédiatement à l’esprit. Mais il y a 85 ans, les réseaux pouvaient être synonymes de liberté. Des femmes et des hommes qui fuyaient la guerre, les persécutions ou la Gestapo empruntaient alors des réseaux d’évasion pour tenter de rejoindre l’Espagne et poursuivre leur chemin vers la liberté.
C’est autour de cette mémoire que se sont retrouvés, à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, les "passeurs" de mémoire, des associations mémorielles de la Seconde Guerre mondiale, des collectivités ainsi que des universitaires et des scientifiques. Objectif de ce colloque : dresser un état des lieux de ce qui subsiste aujourd’hui et réfléchir à la manière de transmettre aux générations futures les témoignages écrits et oraux, mais aussi les stèles, monuments, sentiers et bâtiments qui constituent autant de témoins de cette période.
À l’initiative de cette rencontre, l’ONACVG (Office national des anciens combattants et victimes de guerre), sous l’égide de Maxime Saint-Germes, directeur départemental dans les Pyrénées-Atlantiques, en partenariat avec l’association des Amis du réseau Comète.
Les Haut-Garonnais, et notamment les Commingeois, ont activement participé à ce colloque, avec la présence du maire de Marignac et de membres de l’association Les Chemins de la Liberté par le Comminges et le Val d’Aran.
Les acteurs et témoins directs de cette période ayant aujourd’hui quasiment tous disparu, une question s’impose : comment faire connaître aux jeunes générations les sacrifices et les initiatives de celles et ceux qui se sont engagés pour la liberté ? Passeurs et évadés, aviateurs alliés abattus en France ou en Belgique, juifs fuyant les rafles, résistants échappant aux griffes de la Gestapo ont laissé derrière eux des traces de leur passage.
Pérenniser les traces visibles
Ces traces sont encore visibles. Ce sont les sentiers empruntés pour franchir les Pyrénées et rejoindre l’Espagne, mais aussi des granges, des fermes, des villages, des cafés ou des commerces qui ont accueilli, caché ou aidé passeurs et évadés.
L’enjeu de ce colloque était donc de pérenniser le recensement de ces lieux de mémoire et, à l’image de la Route et du Chemin de la Liberté en Comminges et Val d’Aran, de promouvoir d’autres itinéraires mémoriels. Des supports capables de transmettre, aux habitants comme aux touristes, aux collégiens, lycéens ou universitaires, une dimension à la fois historique, visuelle et émotionnelle de ces années d’angoisse vécues par toute une population. Au cours des échanges, les historiens espagnols ont également rappelé que ces mêmes sentiers avaient été empruntés dans les deux sens, notamment au moment de la Retirada, lorsque des milliers de républicains espagnols ont franchi les Pyrénées pour fuir le régime franquiste.