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Les Niouzes du marché du mercredi !

Publié le 20 Mars 2022, 10:03am

Catégories : #Ariège#Couserans#Ste Croix et Vous#Le Marché#Animations

 

Un livre sur le marché du mercredi.

Jean-Paul Loubes

« Les mots, c’est finalement tout ce que nous avons, alors il vaut mieux que ce soient ceux qu’il faut et que la ponctuation soit là où il faut pour qu’ils puissent dire le mieux possible ce qu’on veut leur faire dire » écrivait le poète américain Raymond Carver. C’est exactement cela. C’est ce qui peut se passer un jour de marché, à Sainte-Croix Volvestre, pour peu qu’un ami des mots ait invité un auteur à venir dédicacer un livre. Entre les légumes bio, les pâtisseries artisanales sans gluten et les fromages de chèvre, il y a une table au bout des rayonnages où Crovc’livre propose une seconde, une troisième, une quatrième vie à des livres. Dans Ardoise Philippe Djian rappelle ces mots de Charles Bukowski : « Un jour, j’ai sorti un livre, je l’ai ouvert et c’était ça !» 

Je suis arrivé à dix heures précises comme l’avait demandé Franck. Une table m’attendait et j’ai aligné les exemplaires du livre en question. Ce n’était pas n’importe quel livre. C’était celui de l’enfance. C’est important car « Nous avons tous deux vies. La vraie, celle que nous avons rêvée dans notre enfance, et que nous continuons à rêver, adultes, sur fond de brouillard, la fausse, celle que nous vivons avec les autres, qui est la pratique, l’utile… ». Tout est là, dans ces mots de Fernando Pessoa. Chez certains d’entre nous l’urgence s’impose un jour de rendre hommage à ces hommes ou femmes qu’Orwell nomme des « éducateurs » et qui ne disparaissent jamais de nos mémoires et de nos cœurs. Albert Camus n’oublia jamais l’instituteur de son enfance « Monsieur Germain ». Que pouvais-je faire d’autre sur le marché de Sainte-Croix, que de partager avec ceux qui l’avaient connu, ce livre-hommage au curé de mon enfance, l’abbé Jean-Marie Piquemal ? 

Mais ce n’était pas n’importe quel livre. Des années durant, les missions et aventures de terrains m’avaient conduit en Chine, en Mongolie, en Asie centrale, ou chez les Ouigours qu’alors personne ne connaissait. Si ces voyages m’ont construit, je n’ai jamais oublié mon port de départ, « ce village qui m’a fait ». Je pense plus que jamais qu’il faut être de quelque part pour se projeter dans le Monde. Moi qui ne suis pas croyant, il ne me coûte pas de dire ce que je dois à celui que je nomme « le dernier curé » et dont j’ai voulu saluer l’œuvre, la Chapelle de Notre-Dame de la Goutte à Montardit. Sur la place du marché, beaucoup m’ont rejoint dans cet hommage.

Tag(s) : #Ariège, #Littérature
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