Lors de la commémoration de la signature des accords d’Evian (19-Mars 1962) proclamant le cessez-le-feu de la guerre d’Algérie commencée en 1954, Gilbert Garrabos s’est vu remettre la médaille de la reconnaissance de la Nation. Une cérémonie en présence de Gilles Lavagnini, président du comité cantonal de la Fnaca, et du maire Jean-Pierre Duprat.
Gilbert Garrabos a fait son service en tant qu’appelé sur Constantine et dans les Aurès. Incorporé en 1961 dans les chasseurs à pied, il est resté 21 mois en Algérie : "J’ai quitté Alger le 1er janvier 1963. Après le cessez-le-feu on est remonté sur Alger. J’ai participé à des combats ; des embuscades j’en ai vécu, mais je suis passé entre les balles…" 63 ans après son retour, cette médaille le fait retourner à des souvenirs qui, si – comme la plupart des anciens combattants – il ne souhaite pas les évoquer, sont toujours vivement cruels dans sa mémoire.
Rappelons que lors de cette guerre, selon les études menées par des historiens français, on estime qu’environ 250 000 Algériens sont tués et jusqu’à deux millions ont été envoyés dans des camps de regroupement (sur une population totale de dix millions). Près de 25 600 militaires français sont morts et 65 000 ont été blessés. Les victimes civiles d’origine européenne dépassent les dix mille, dont un millier en France métropolitaine, au cours de quarante-deux mille incidents violents enregistrés. Le massacre de harkis qui s’est poursuivi jusqu’à la fin de l’année 1962, est évalué à plus de cinquante mille victimes.
Zoé Gauthier