Croyants ou non-croyants, pratiquants ou pas, chaque maison se devait d’avoir son rameau bénit pour protéger ses occupants, personnes ou animaux, contre toute catastrophe ou accident. La tradition est toujours présente.Dans les campagnes les traditions perdurent et dimanche dernier on pouvait croiser, le matin, à la sortie de la messe, dans les rues de Salies-du-Salat ou devant la boulangerie, des habitants en "habits du dimanche" avec à la main, un rameau de laurier, de buis ou d’olivier; un rameau bénit bien sûr qui ne manquera pas d’aller rejoindre ou remplacer celui des années précédentes.
Dans les fermes, le rameau bénit se mettait dans l’étable et était également accroché à la porte extérieure. A l’intérieur de la maison, on le retrouvait souvent ornant une image pieuse ramenée d’un pèlerinage à Lourdes ou entourant la croix du Christ.
L’explication de cette tradition prend ses origines dans le Nouveau Testament ou il est relaté que lorsque Jésus est accueilli à Jérusalem six jours avant la fête de la Pâque juive, la foule l’acclame et des feuilles de palmier sont jetées au-devant de ses pas pour former comme un tapis honorifique.
Le laurier doit être conservé au moins un an, jusqu’à la bénédiction suivante. L’ancien rameau ne doit surtout pas être jeté, mais brûlé. L’historienne Isaure Gratacos le souligne: "la crémation de la "chose bénite" est une constante dans toute l’Europe catholique." Mais dans les Pyrénées, il y a quelques réfractaires à cette pratique comme à Arbon chez Sidonie: "ici la présence du laurier se mêle à celle des bouquets desséchés de nombreuses Saint-Jean: "Moi je le garde! Bou du! Y en a depuis des années et des années!" insistera Sidonie. Beaucoup plus pragmatique, Emma, de Marignac, confiera à l’historienne que "tant qu’il y a eu un curé pour le bénir, elle n’a jamais manqué de mettre un rameau de laurier dans son armoire buffet: "ça protège du mauvais sort et c’est bon pour les sauces..."
Z.G.