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l'essentielChristiane Chavanon, nièce d'Albert Vérot, publie "Saint-Sauveur de Montagut, Grandir en Ardèche à la fin du XIXe siècle", un livre basé sur les souvenirs d'enfance de son oncle. Ce récit, qui s'étend de 1870 à 1910, dépeint la vie rurale ardéchoise, marquée par le travail en usine et les distinctions sociales.
Albert Vérot est né en 1889 et décédé en 1970. « Ce n’est qu’après son décès que son fils et sa femme ont trouvé un cahier d’écolier, où il avait écrit ses souvenirs d’enfance ».
C’est ainsi que Christiane Chavanon, sa nièce, habitante d’Escoulis dans le Comminges, territoire de Haute-Garonne, débute l’histoire de son livre : « Saint-Sauveur de Montagut, Grandir en Ardèche à la fin du XIXe siècle ».
Vision de la société rurale
À travers son ouvrage consacré à Saint-Sauveur-de-Montagut, Albert Vérot nous plonge dans le quotidien d’une enfance ardéchoise à la fin du XIXe siècle. Bien loin de la nostalgie facile, son récit restitue avec justesse une société rurale où le travail, la solidarité et l’attachement au terroir rythment la vie des familles.
Ses souvenirs et ceux de ses parents
Les souvenirs remontent à avant sa naissance, ce sont ceux de ses parents Jean-Pierre et Louise qu’il décrit, et englobent une période allant de 1870 à 1910.
Albert Vérot, à sa naissance, n’était pas l’enfant le plus attendu. Avec 21 ans de différence d’âge par rapport à son frère aîné Elie, des conditions de maternité et d’accouchement très rudes à cette époque, sa petite enfance et sa jeunesse seront un long parcours de souffrance.
Envoyer les enfants faire des études n’était pas, en ces années-là, une priorité. Mais ce sera son instruction, imposée par son père, qui le sauvera de la misère et de la solitude.
Dans les usines à soie
Un récit à la Zola, dans les usines à soie de la vallée de Saint-Sauveur de Montagut, où les jeunes filles s’épuisaient à des tâches monotones, peu rémunérées, dans « les odeurs lourdes des chrysalides en décomposition et l’humidité chaude qui donnaient la nausée ».
Et autour c’était la campagne verdoyante, la rivière, les animaux de la forêt… Un univers où voudrait bien s’épanouir Albert. Le récit se termine dans les années 1910.
L'époque des classes sociales distinctes
Un récit qui fait écho à la vie rude du monde rural un peu partout en France, avec des classes sociales bien distinctes : les paysans et ouvriers d’un côté, les bourgeois et les nobles de l’autre. Les pauvres qui filaient la soie dans les usines et les belles dames qui portaient les belles robes.
L’écriture est fluide et laisse lors de la lecture ce parfum suranné des récits des auteurs de cette période ; pas de superflu, comme la vie l’était en ce temps-là.