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Ce mardi 30 novembre, trois associations ont publié un rapport portant sur le coût de l'industrie des pesticides en Europe. L'ONG Pollinis, l'association de lutte contre la faim dans le monde CCFD-Terre solidaire et le Bureau d'analyse sociétale d'intérêt collectif (Basic) ont analysé, d'une part, les dépenses publiques liées aux impacts négatifs des pesticides (coûts de régulation, de dépollution de l'eau, de la pollution de l'air ou encore des maladies professionnelles) et, d'autre part, les profits comptables générés par les quatre principaux acteurs de cette industrie : Bayer, BASF, Corteva et Syngenta-Chem China. Ces derniers détiennent « près de trois quarts du marché des pesticides et près de 60 % du marché des semences agricoles », rappellent les trois associations.

D'après leurs informations, le coût attribuable aux pesticides, dans l'Union européenne, en 2017, s'élèvent à 2,3 milliards d'euros. À titre de comparaison, les bénéfices nets perçus la même année par les quatre principaux acteurs de l'industrie s'élèvent à 0,9 milliards d'euros. « Les dépenses associées au lobbying avoisinent les 10 millions d'euros par an pour le seul marché européen – soit plus que le budget de l'Autorité européenne de sûreté des aliments (Efsa) consacré à la réglementation des pesticides », indique le rapport.

Par conséquent, les trois associations offrent une série de recommandations à l'Union européenne afin d'inverser la tendance. La première consiste à inclure l'objectif de la stratégie européenne « Farm-to-fork » (de la ferme à la fourchette, en français), de réduire de 50 % l'utilisation de pesticides d'ici à 2030, dans la directive sur l'utilisation durable des pesticides (SUD) et dans la validation des plans stratégiques nationaux (PSN) d'application de la nouvelle Politique agricole commune (PAC). Pollinis, CCFD-Terre Solidaire et le Basic appellent également à légiférer sur l'interdiction des exports de pesticides interdits en Union européenne sur lesquels « le secteur se repose de plus en plus ». En outre, elles préconisent que « les enveloppes budgétaires destinées à soutenir l'agriculture (soient) fléchées vers la transition agroécologique » et « vers un changement de système » : « L'UE doit faire tout son possible pour encourager les alternatives aux pesticides. »

Tag(s) : #Environnement, #Agriculture
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