Comme à chaque début d’année, le club salisien du Rotary a proposé des galettes des Rois aux bénéficiaires des Restos du Cœur à l’antenne locale de Mane.
Une occasion pour aller à la rencontre des bénévoles qui préparent les colis des bénéficiaires. Parmi eux, Dany et Jean-Jacques ont noté une augmentation assez nette du nombre de familles bénéficiaires en 2025: 121 familles pour un total de 215 bénéficiaires.
Hormis l’accroissement dû à l’arrivée de foyers aux faibles revenus qui s’installent sur le territoire, une nouvelle précarité a vu le jour: celle due aux difficultés de l’accès et de la maitrise du numérique. Les exemples foisonnent, entrainant des précarités entre 3 et 6 mois; le temps que ces familles viennent à bout de difficultés administratives. Il ne s’agit pas forcément de familles initialement dans le besoin, c’est là le paradoxe. Mais suite à un décès, un changement de situation, des pertes de documents, etc... il est facile de se retrouver avec des blocages de comptes en banque, et donc de pensions de retraite, d’aides, de prestations qui n’arrivent plus. Que ce soit des difficultés pour renouveler le RSA où ses papiers d’identité, chercher un logement, trouver un travail, ou attendre des documents sous forme de courriers qui ne sont plus distribués par la Poste, car dématérialisés, les habitants se retrouvent démunis et sans ressources temporairement.
Un Français sur 4 en difficulté numérique
Le dernier rapport du Défenseur des droits fait apparaitre qu’un Français sur quatre est en difficulté numérique et 13 millions de Français n’ont pas accès à Internet. Un constat alarmant qui, dans notre société du tout numérique, met en lumière une source d’exclusion supplémentaire, notamment pour les plus âgés et les plus précaires. Les plus jeunes ne sont pas à l’abri non plus; car être adepte d’un réseau social ne signifie pas être capable de venir à bout des complexités administratives des diverses plateformes.
Un constat qui n’a pas échappé aux responsables de l’agence des restos du Cœur de Mane.
Alors que les bénévoles se chargent de subvenir aux besoins alimentaires, ils se retrouvent mis à contribution afin d’accompagner les bénéficiaires dans les administrations; que ce soit sur les sites de France Services à Mane ou des Maisons des Solidarités de Salies et Saint-Martory, mais parfois jusqu’à Saint-Gaudens, voire Toulouse.
Rappelons que le Sud de la Haute-Garonne, et donc une grande partie le Comminges, a un taux de pauvreté élevé (dernières sources INSEE de 2021): 16,9% pour le territoire Cagire Garonne Salat, 19,2% pour Cœur et Coteaux du Comminges et 16%pour les Pyrénées Haut Garonnaises; la Haute-Garonne affichant un taux de 14,9% et l’ensemble de la France un taux de 15,4%. Faut-il ajouter de la précarité numérique à la pauvreté actuelle?