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En 2022, la loi interdit l'usage des produits phytosanitaires dans tous les lieux de vie, à l'exception des terrains de sport. Mais certaines communes ont pris de l'avance. Reportage vidéo à Vauvert, dans le département du Gard.

Conséquence de la loi Labbé, depuis le 1er janvier 2017, les collectivités territoriales, les établissements publics et l'État ne peuvent plus utiliser ou faire utiliser des pesticides pour l'entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades accessibles ou ouverts au public et relevant de leur domaine public, ou privé. Quelques exceptions demeurent néanmoins, comme l'entretien des cimetières et des terrains de sport. Des lieux plus complexes, où il a fallu davantage d'encadrement, de formation et de communication.

En effet, l'entretien d'un cimetière sans produit phyto peut se révéler très chronophage et engendrer des surcoûts. Or, les usagers tiennent à ce que ce lieu reste très « propre », pour dire sans mauvaises herbes. Or, une des solutions alternatives est, au contraire, de faire entrer davantage le végétal de façon harmonieuse et contrôlée. Depuis quelques années, les mentalités évoluent et la population comprend les dangers de ces produits. Avec beaucoup de communication, elle accepte de changer peu à peu de cap.

En juillet 2022, ces produits seront aussi interdits dans les cimetières. Reste les terrains de sport.

Les communes font leur échauffement

En effet, comme les cimetières, l'usage des produits phytosanitaires devait être interdit pour l'entretien des terrains de sport en 2022. Or, un délai de mise en œuvre a été accordé jusqu'en 2025. Il faut dire que l'entretien d'un terrain est très complexe et, là, pas question de laisser le végétal évoluer comme bon lui semble. Car un terrain enherbé qui présente de nombreux défauts engendre une baisse de la qualité du jeu, avec des conséquences plus ou moins importantes.

Néanmoins, certaines communes, engagées dans une démarche zéro phyto, ont commencé à expérimenter de nouvelles méthodes basées sur la mécanisation. Avec des machines, notamment utilisées en agriculture biologique, comme la herse étrille (voir le reportage vidéo). C'est tout un ensemble de pratiques à changer et il faut aussi disposer de personnel formé et volontaire. Mickael Godon, responsable des équipements sportifs, détaille fièrement son travail : « Il faut réaliser de nombreux contrôles, faire un regarnissage plus régulier pour étouffer les herbes indésirables. Chaque année, varier les semences de ray-grass pour réduire les impacts d'une maladie qui pourrait s'attaquer à une espèce en particulier. Il faut faire deux fois plus de passage de fertilisants biologiques, les engrais bio sont efficaces, mais ils agissent plus lentement. »

Bilan, après trois années de pratique, les résultats restent moins bons qu'avec des produits phytosanitaires, un constat sans appel qui risque de se confirmer, quels que soient les efforts fournis. Mais le terrain est jouable, pas parfait, mais satisfaisant. Tous les stades de France ont-ils, en fait, besoin de disposer d'un terrain aussi lisse que la pelouse du Parc des Princes ? Pour la commune de Vauvert, il ne fait aucun doute que cette décision était la bonne, malgré une certaine opposition d'associations sportives. Ce qui lui a permis d'obtenir le label Terre saine, délivré par la Fredon Occitanie (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles d'Occitanie), un organisme à vocation sanitaire (OVS) chargé de la santé des végétaux.

À noter que, même après 2025, si aucune gestion alternative n'est jugée suffisamment concluante, les terrains de prestige accueillant les compétitions officielles, pourront toujours être traités avec des produits phytos.

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Tag(s) : #Environnement, #sport, #Agriculture
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